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lundi 9 février 2015

Massacre 6







6




Résumé : … Ah sapristi... on est mardi... il va falloir par s'y mettre à ces foutus résumés.





Le MUFAX se mit à tourner. Le MUFAX était une machine qui transmettait les écrits. Une sorte d'ancêtre du Fax déjà en place au siège du journal. Dans ce bureau éloigné de Thouars le matériel moderne n'arrivait que très tardivement. L'engin était lourd. Il trônait dans la rédaction. Ici aboutissait des paroles lointaines. D'ici on envoyait sa copie manuscrite ou dactylographiée sur des machines à écrire haute comme des remparts. Des machines à écrire de marque JAPY. Pour parler à son interlocuteur Balthazar était obligé d'incliner son grand corps pour passer au-delà du « A » à gauche, ou du « P » à droite.

La pièce maîtresse du MUFAX était un cylindre. On tirait un plastique transparent sur lequel on posait une feuille. On relâchait le plastique qui s'enroulait sur le rouleau, enrobant dans le même geste la feuille écrite. C'était un mouvement très sensuel. Un bouton appuyé, et le cylindre tournait. Un œilleton avançait lentement lisant les zones d'ombre et de lumière. Une copie hasardeuse apparaissait à l'autre bout, loin, au siège du journal. Le MUFAX tenait de la magie et de Jules Verne.

Le MUFAX donc se mit en devoir d'accomplir sa mission divine. Gwendoline envoyait ses infos.

Tout cela était lent, comme est lent l'amour.

Cet Albert Ichon était un beau salaud ! Rien de tel qu'un ennemi commun pour nouer une relation. Gwendoline de sa main fine avait ajouté un commentaire aux trois textes transmis. Elle écrivait « Cher Balthazar méfie-toi de ce triste sire ».

Balthazar en eut les larmes aux yeux, jamais personne ne lui avait dit chose si tendre « Cher Balthazar méfie-toi ». Ainsi Gwendoline à la voix mouillée d'alto avait pour lui un peu de sollicitude. Sa solitude fut alors secouée. Mais Balthazar ne savait pas parler aux femmes. Aussi il n'appela pas Gwendoline qui avait certainement d'autres galants en stock.

Le journaliste lut la documentation. Elle faisait froid dans le dos.



A SUIVRE .

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