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mercredi 25 février 2015

Massacre 18





18

Résumé : le gewurztraminer a bien des qualités aussi, il provoque de belles envolée, mais il a tendance à forcer sur l'adjectif.




De la place Lavaud au commissariat il faut compter quatre minutes en voiture. Avec un gyrophare comptez trois minutes. Je donne ces précisions pour les malheureux qui ne connaissent pas Thouars et qui voudraient un jour faire un pélerinage sur les lieux de ce roman. En revanche pour aller de Saint-Généroux à la place Lavaud il faut compter beaucoup plus, au moins une bonne vingtaine de minutes, sans gyrophare et sans contrôle d'alcoolémie.
Balthazar fut conduit dans le bureau de l'inspecteur Legrandu. Assis sur une chaise métallique , l'un des bracelets des menottes passé autour du tuyau du radiateur. Le commissaire avait été promu à Saumur, et encore une fois c'est Legrandu qui assurait l'intérim. Il se tapait double labeur et attendait avec impatience le nouveau commandant de police. On annonçait une femme ! Tant pis ! Legrandu était impatient quand même. Pourtant, comme disait Raphaël un collègue de Balthazar : « quand les femmes arrivent dans une profession, le métier agonise ». Je lui laisse la responsabilité de cet oracle. ( Pour toute lettre d'insultes sachez seulement qu'il travaille désormais à Tours...)

On a déjà décrit le bureau de Legrandu dans une précédente histoire. Un bureau de flic, triste et mal aéré. L'atmosphère avait des relents de remugle et de pieds. Legrandu est célibataire, il ne possède que la photo de son chien sur son bureau. C'est un bon flic. Honnête et travailleur on ne lui connaît d'ailleurs aucune passion à part son boulot ( et une amourette avec Mathilde la femme de l'ancien flic – voir « Panique à la Maison Poulaga »). Peut-être va-t-il à la pêche... et encore... la canne en bambou que ses collègues lui ont offert pour son départ (oui, on a cru un jour qu'il était muté, on fit un cadeau et l'on versa du mousseux tiède dans des verres en plastique, mousseux servi avec des croquettes au fromage... mais la mutation n'arriva jamais) la canne à pêche sortie un dimanche de pluie, revenue bredouille, fut rangée dans l'armoire métallique.
Legrandu entra. Il avait une gueule à faire peur.
_ Alors voilà les faits. Ecoute bien Balthazar. La petite Monica a été enlevée. Sa mère qui vit seule et se drogue n'a signalé sa disparition que tardivement. La fillette tu le sais a été retrouvée, dans... dans l'état que tu sais. Et dans sa main on a retrouvé ce papier !
Il montra le feuillet qu'il avait déjà jeté au visage du journaliste, il l'avait plié en deux.
_ Tu le connais ce bout de papier, il provient de ton carnet de notes. Tu es donc le suspect numéro1. Je ne peux pas y croire, mais les faits sont atrocement tétus. On attend les résultats de l'autopsie. Que faisais-tu jeudi dernier ?
_ A quelle heure ?
_ En gros jeudi.
Balthazar ne protestait pas de son innoncence avec véhémence. Legrandu qui avait vu passer bien des fripouilles, ne fut pas autrement surpris. C'est le coupable qui tempête en premier. Mais pas toujours.



A SUIVRE

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