Les archives de ce blog sont à voir sur "Sapristi Balthazar over-blog.com"

lundi 12 novembre 2018

Jaune ? j'aime mieux le noir

C'est une bien curieuse couleur choisie par les initiateurs du mouvement du 17 novembre ( ils étaient rares dans les rues pour défendre les retraites, le pouvoir d'achat, les chômeurs, les acquis sociaux ... mais il n'est jamais trop tard) : la couleur jaune

Le jaune est mal vu dans les mouvements sociaux et syndicaux. Le "jaune" c'est le briseur de grève .
Dico : ♦ Syndicats jaunes. [P. oppos. aux syndicats rouges liés aux thèses socialistes de la lutte des classes] Syndicats qui arboraient pour insigne un gland jaune et un genêt et défendaient un type d'action fondé sur la collaboration avec la classe dirigeante (cf. Jaurès, Ét. soc., 1901, p. 88). Auj. [Pour les syndicats grévistes] Syndicat opposé à une grève, à une action revendicative.



Moi j'aime mieux le noir






dimanche 11 novembre 2018

La phrase romanesque

Vous n'avez pas le temps de lire. La phrase romanesque est là pour vous aider. Elle est vite lue et votre imagination fait le reste tout le long de la semaine !

Quand la banquise va fondre et que tous les excréments décongelés des esquimaux depuis des millénaires vont arriver sur nos côtes ... ça ne va pas sentir l'iode ! Et l'excrément de phoque ! j'en parle même pas !
(Balthazar Forcalquier)



Naufragé sous la canopée


La chaleur était étouffante sous la  canopée. D'énormes fourmis traçaient des routes d'un rouge vif. Les rares chenilles toxiques dévoraient les rares fruits comestibles. De toute façon cette juteuse nourriture était inaccessible, haut perchée dans les ramures. (Depuis plusieurs jours il errait sous cette énorme végétation, son bateau dans la tempête avait coulé, il s'était accroché à un sabord, et s'était échoué aux rives de la forêt) . Il crevait de faim. Même les papillons étaient inaccessibles, de toute façon un papillon, même exotique n'apaise pas une fringale. Il titubait. Il titubait et tomba dans un trou. Au fond : une malle pourrie, et, dedans, une  vieille bible en vieux cuir et vieux papier. Il dévora l'ancien testament ( et avec gourmandise le cantique des cantiques )



Puis les quatre évangiles.
Il était repu et heureux.
Mais il entama les épîtres de Saint-Paul. Il vomit. IL VOMIT !
Saint-Paul est une sorte de poison. Mais il ne le savait pas. 
Voilà c'est tout !
"Le pauvre n'est pas celui qui a peu, c'est celui qui n'a pas assez" (Sénèque)



On ne perd pas son temps

Il pleut, alors regardez :


mercredi 7 novembre 2018

mardi 6 novembre 2018

Un beau succès quand même !




Clothilde et Guelda étaient nées siamoises.Elles firent une belle carrière au cirque dans un numéro de prestidigitation, l'une disparaissait, l'autre apparaissait. Le succès fut immense au pays des hommes sans yeux.


Dessins : Louie Travis


Toutes deux épousèrent Luc et Lucien qui n'avaient qu'un seul cou et qui étaient représentants en cravate à pois ; ils firent fortune au pays des hommes en cravate à rayures.



 Le(s) couple(s) furent heureux et leur amour fut couronné de bonheur par l'arrivée du petit Kevin. Kevin devint mannequin de mode chez les hommes laids, mais il aurait pu devenir président de la république si les gens était moins bêtes.
Voilà c'est tout  !


On peut mourir sans savoir cela




Au Moyen Age dans quelques asiles d'Allemagne on exposait les fous enchaînés derrière des fenêtres grillagées. Un sacré spectacle aux portes de la ville. Normal les fous étaient alors des monstres qui  méritaient bien d'être exhibés. C'était une vieille habitude.




lundi 5 novembre 2018

Etes vous anarchiste ?

http://www.socialisme-libertaire.fr/2017/03/etes-vous-un-anarchiste.html?fbclid=IwAR3yi4iEBum1OQOOLiLCzcm7mHgqeGGHMAlHpvzCr92Pxy3N7c0vCyJUS0Q

même texte peut-être plus lisible



Êtes-vous anarchiste ? La réponse pourrait vous surprendre !

Texte original : https://theanarchistlibrary.org/library/david-graeber-are-you-an-anarchist-the-answer-may-surprise-you?fbclid=IwAR3-5cpMC_aoTFFPKN_CRbw2YEKvUuvIAWOERsXHddqkQK93abzVbd7uSss


Par David Graeber




Il y a des chances que vous ayez déjà entendu parler de qui sont les anarchistes et de ce qu’iels sont supposé.e.s croire. Il y a des chances pour que presque tout ce que ce que vous avez entendu soit des absurdités. Beaucoup de gens semblent penser que les anarchistes sont partisan.e.s de la violence, du chaos et de la destruction ; qu’iels sont contre toute forme d’ordre et d’organisation ou bien que ce sont des fous/folles nihilistes qui veulent juste tout exploser. En réalité, rien n’est plus éloigné de la vérité. Les anarchistes sont simplement des personnes qui pensent que les êtres humains sont capables de se comporter de façon raisonnable sans y être forcés. C’est vraiment un concept très simple. Mais un concept que les « riches » et les « puissants » ont toujours trouvé extrêmement dangereux.

Grossièrement, la pensée anarchiste peut se résumer en deux hypothèses. La première est que les êtres humains sont, en conditions ordinaires, à peu près aussi raisonnables et honnêtes qu’ils sont autorisés à l’être ; et qu’ils peuvent s’organiser eux-mêmes et leurs communautés sans besoin qu’on leur dise comment. La seconde est idée est que le pouvoir corrompt. Surtout, l’anarchisme consiste juste à avoir le courage de prendre les principes simples du « bon sens commun » et de les suivre à travers leurs conclusions logiques. Aussi bizarre que cela puisse paraître, le plus important est que vous êtes probablement déjà anarchiste – vous ne le savez juste pas encore.

Commençons pas prendre quelques exemples de la vie de tous les jours.


S’il y a la queue pour monter dans un bus bondé, attendez-vous votre tour sans jouer des coudes pour doubler les autres même en absence de la police ?

Si vous avez répondu « oui », alors vous avez l’habitude d’agir comme un anarchiste ! Le principe anarchiste le plus basique est l’auto-organisation : l’idée que les êtres humains n’ont pas besoin d’être menacés de poursuites pour arriver à des accords raisonnables entre eux ou bien pour traiter les autres avec dignité et respect.

Tout le monde pense pouvoir être capable de se comporter correctement. Si on pense que les lois et la police sont nécessaires, c’est seulement parce qu’on pense que les autres en sont incapables. Mais si on y réfléchit bien, les autres ne pensent-ils pas exactement la même chose de nous ? Les anarchistes affirment que presque tous les comportements antisociaux qui nous font penser qu’il est nécessaire que nous ayons armées, police, prisons et gouvernement contrôlant nos vies sont en fait causés par des inégalités dues à un système et des injustices. Des inégalités et injustices que ces armées, police, prisons et gouvernements rendent possibles. Tel un cercle vicieux : si les gens sont habitués à traités comme si leur opinion ne comptait pas, ils seront enclins à s’énerver et à devenir cyniques ou même violents – ce qui bien sûr facilite le travail de celleux qui possèdent pour le pouvoir pour discréditer leurs opinions. Une fois que les gens se rendent compte que leurs opinions comptent tout autant que celles des autres, ils ont tendance à devenir remarquablement compréhensifs. Bref : les anarchistes pensent que c’est en grande partie le pouvoir lui-même - et ses effets - qui rend quelqu’un stupide et irresponsable.


Faîtes-vous partie d’un club, d’une équipe de sport ou de n’importe quelle organisation volontaire où les décisions ne sont pas imposées par un leader ou chef mais faites sur la base d’un consensus général ?

Si vous avez répondu « oui », alors vous appartenez à une organisation qui fonctionne selon des principes anarchistes ! Un autre principe anarchiste de base est l’association volontaire. Il s’agit simplement d’appliquer les principes démocratiques à la vie ordinaire. La seule différence est que les anarchistes pensent qu’il serait possible d’avoir une société où tout pourrait être organisé selon ces principes : tous les groupes basés sur le libre consentement de ses membres. Ainsi toutes les organisations verticales, de style militaire comme les armées ou la bureaucratie des grandes entreprises, basées sur une hiérarchie et des chaînes de commandement, ne seraient plus nécessaires. Peut-être que vous ne pensez pas cela possible. Peut-être que si. Mais à chaque fois que vous arrivez à un accord par consensus, à chaque fois que vous faîtes un arrangement volontaire avec quelqu’un d’autre ou arrivez à un compromis avec quelqu’un en prenant en compte sa situation et ses besoins particuliers, vous agissez en anarchiste – même sans le réaliser.

L’anarchisme est juste la façon dont les gens agissent lorsqu’ils sont libres de faire comme ils l’ont choisi et lorsqu’ils interagissent avec d’autres personnes libres de la même manière – et ainsi connaissant la responsabilité envers les autres que cela implique. Cela amène à un autre point crucial : alors qu’une personne peut être raisonnable et prévenante lorsqu’elle traite avec ses égaux, la nature humaine est telle que cela n’est pas possible lorsque cette personne se voit attribuer du pouvoir sur les autres. Donnez à quelqu’un un tel pouvoir et cette personne en abusera presque invariablement d’une manière ou d’une autre.


Pensez-vous que la plupart des politicien.ne.s sont des égoïstes qui se fichent de l’intérêt public ? Pensez-vous que nous vivons dans un système économique stupide et injuste ?

Si vous avez répondu « oui », alors vous adhérez à la critique anarchiste de la société d’aujourd’hui – au moins dans ses grandes lignes. Les anarchistes pensent que le pouvoir corrompt et que celleux qui passent leur vie à chercher le pouvoir sont les dernières personnes qui devraient le posséder. Les anarchistes pensent que notre système économique actuel a davantage tendance à récompenser les gens pour un comportement égoïste et non-scrupuleux plutôt que pour être des êtres humains honnêtes et avenants. La plupart des gens pensent la même chose. La seule différence est que la plupart des gens pense qu’on ne peut rien faire pour y remédier ou bien – et c’est ce sur quoi les plus fidèles servants des puissants et défenseurs du système actuel insistent presque toujours – que tout ce qu’on pourrait tenter rendrait les choses pires.

Mais si ce n’était pas le cas ?

Et existe-t’il aucune raison de le croire ? En fait, lorsqu’on peut les tester, la plupart des prédictions usuelles à propos de ce qui pourrait arriver sans états ou capitalisme se révèlent entièrement fausses. Durant des millénaires des gens ont vécu sans gouvernements centralisés. Aujourd’hui, dans beaucoup d’endroits du monde, des personnes vivent hors du contrôle de tels gouvernements. Ces populations ne s’entretuent pas ni ne se massacrent entre elles. Essentiellement, ces personnes vivent comme n’importe qui. Bien sûr, dans une société complexe, urbaine et technologique, tout cela pourrait être plus compliqué. Cependant, la technologie peut aussi rendre ces problèmes beaucoup plus faciles à résoudre. En fait, nous avons à peine commencé à penser à ce à quoi pourrait ressembler la vie si la technologie était vraiment conçue et forgée pour répondre aux besoins humains. Combien d’heures aurait-on réellement besoin de travailler afin de maintenir une société fonctionnelle – c’est-à-dire si l’on se passe de toutes les professions inutiles ou destructrices comme le télémarketing, l’avocature, le gardiennage de prisons, l’analyse financière (comme consultation cruciale aux décisions capitalistes), l’expertise en relation publique, la bureaucratie et la politique en tant que métier… ? Combien d’heures aurait-on réellement besoin de travailler afin de maintenir une société fonctionnelle si l’on encourage tous nos meilleurs esprits scientifiques à travailler non pas sur l’armement spatial et les systèmes boursiers mais sur la mécanisation/automatisation des tâches les plus dangereuses et/ou rébarbatives comme le minage de charbon ou le nettoyage de toilettes publiques et que l’on distribue équitablement le travail restant ? 5 heures de travail par jour ? 4 ? 3 ? 2 ? Personne ne le sait, parce que l’on ne se pose même ce genre de question. Les anarchistes pensent que ces questions sont au contraire celles que l’on devrait essayer de se poser le plus.


Est-ce que vous croyez vraiment en ce que vous dîtes à vos enfants (ou en ce que vos parents vous ont dit) ?

« On s’en fiche de qui a commencé. » « On ne répare pas une injustice par une autre. » « Nettoie derrière toi. » « Traites les autres comme tu voudrais qu’on te traite. » « Ne sois pas méchant avec une personne parce qu’elle est différente. »
Peut-être que nous devrions décider si nous mentons à nos enfants lorsque nous leur apprenons ce qui est bien ou mal, ou bien si nous sommes prêt.e.s à prendre nos propres injonctions sérieusement. Parce que si l’on prend ces principes moraux ainsi que leurs conclusions logiques, on arrive à l’anarchisme.

« On ne répare pas une injustice par une autre » : si on considérait ce principe sérieusement, il invaliderait presque entièrement les bases de la guerre et du système judiciaire chargé de la criminalité. Il en va de même à propos du partage : nous disons toujours aux enfants qu’ils doivent apprendre à partager, qu’ils doivent être attentifs aux besoins des autres et qu’ils doivent s’entraider ; ensuite nous retournons dans le monde réel où nous partons du principe que tout le monde est naturellement égoïste et compétitif. Mais un anarchiste (conscient de l’être ou non) soulignerait : en fait, ce que nous disons à nos enfants est vrai. A peu près toutes les grandes prouesses qui en ont valu la peine dans l’histoire de l’humanité, chaque découverte ou accomplissement ayant amélioré nos vies, ont été basées sur la coopération et l’entraide ; même aujourd’hui, la plupart d’entre nous utilise son argent davantage pour nos ami.e.s et notre famille que pour nous même. Qu’il soit probable ou non qu’il y ait toujours des personnes compétitives dans le monde et dans le futur, il n’y a pas de raison que la société soit basée sur l’encouragement d’un tel comportement, sans parler de mettre les gens en concurrence pour les nécessités les plus basiques de la vie. Cela sert uniquement les intérêts des gens au pouvoir, qui veulent que nous vivions dans la peur de l’autre. C’est pour cela que les anarchistes appellent à une société basée non seulement sur la libre association mais aussi sur l’entraide. Le fait est que les enfants grandissent pour la plupart en croyant à une moralité anarchiste puis doivent graduellement réaliser que le monde des adultes ne fonctionne pas vraiment comme ça. C’est pourquoi en tant qu’adolescent.e.s autant deviennent rebelles, en décalage avec le monde ou même suicidaires ; et finalement résigné.e.s et amers en tant qu’adultes ; leur seul réconfort étant, souvent, la capacité d’élever leurs propres enfants et de prétendre devant eux que le monde est juste.
Mais qu’en serait-il si, réellement, nous pouvions commencer à construire un monde qui serait vraiment au moins fondé sur des principes de justice ? Ne serait-ce pas le meilleur cadeau que l’on puisse faire à ses enfants ?


Pensez-vous que les êtres humains sont fondamentalement corrompus et mauvais ou bien que certaines catégories de personnes (en fonction de leur genre, de leur orientation sexuelle, de leurs origines, de leur manque de richesse ou d’éducation/études…) sont inférieures et destinées à être gouvernées par ceux qui leur sont supérieurs ?

Si vous avez répondu « oui », alors, eh bien, il semblerait que vous ne soyez pas anarchiste après tout. Mais si vous avez répondu « non », alors il y a des chances que vous adhériez à 90% des principes anarchistes et que, probablement, vous viviez votre vie largement en accord avec ces principes. A chaque fois que vous traitez une autre personne avec considération et respect, vous êtes un.e anarchiste. A chaque fois que vous trouvez une solution pour vivre avec des personnes qui sont différentes de vous grâce à un compromis honnête en écoutant ce que chacun.e a à dire plutôt qu’en laissant une personne décider pour tous les autres, vous êtes un.e anarchiste. A chaque fois que vous avez l’opportunité de forcer quelqu’un à faire quelque chose mais que vous préférez faire appel à leur raison ou à leur sens de la justice, vous êtes un.e anarchiste. Il en va de même à chaque fois que vous partagez quelque chose avec un.e ami.e, que vous décidez qui fera la vaisselle ou bien que vous faîtes quoi que ce soit avec un soucis d’équité.

Maintenant, vous pourriez objecter que tout ça c’est bien pour des petits groupes de personnes voulant s’entendre entre eux, mais que gérer une ville ou un pays c’est une toute autre affaire. Et bien sûr c’est quelque chose d’important à relever. Même si on décentralise la société et que l’on place le plus de pouvoir possible aux mains de petites communautés, il y aurait toujours plein de choses qui nécessiteraient d’être coordonnées, de la gestion des lignes de trains à la direction à donner à la recherche scientifique et médicale. Mais ce n’est parce que quelque chose est compliqué que cela veut dire qu’il n’y a pas moyen de le faire démocratiquement. Cela veut juste dire que ce sera juste plus complexe. En fait, les anarchistes ont toutes sortes d’idées et de visions différentes à propos de comment une société complexe pourrait se gérer elle-même. Les exposer et les expliquer ici irait beaucoup plus loin que le cadre d’un petit texte introductif comme celui-ci. On pourra néanmoins dire, premièrement, que beaucoup de monde a passé (et passe) beaucoup de temps à travailler et proposer des modèles sur comment une société saine et réellement démocratique pourrait fonctionner (ndt : certains modèles étant déjà passés au stade pratique) ; mais deuxièmement, et c’est tout aussi important, qu’aucun.e anarchiste ne revendique avoir un plan parfait et infaillible. La dernière chose que nous voulons est d’imposer des modèles tout prêts à la société de toute façon. La vérité est que nous ne pouvons probablement pas imaginer ne serait-ce que la moitié des problèmes qui pourraient se présenter lorsque l’on essaie de créer une société démocratique ; malgré tout, nous sommes confiant.e.s dans le fait que, l’ingéniosité humaine étant ce qu’elle est, ces problèmes peuvent toujours être résolus tant que ce le sera dans l’esprit de nos principes de base – qui sont, au bout du compte, simplement les principes de l’honnêteté et de la décence humaine.