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jeudi 19 février 2015

Massacre 14




14

Résumé :suite du codicille a la pétition de l'éditeur « en conséquence je vous enjoins d'augmenter sensiblement mes émoluments. Faute de quoi j'écrirai du porno pour vos concurrents ».




Louis Grandclerc raconta sous le sceau du secret ( c'est pourquoi lectrice inconnue et lecteur jamais vu, il faudra garder cela pour vous, j'ai confiance, alors continuons) :

_ Balthazar ! Ce cadre que j'ai sauvé de l'incendie et qui vient de la maison de mon voisin... Mon voisin que je ne connais pas... Mon voisin je le connais...Ô oui je le connais. Pendant la guerre, il était chef de la milice, ici, à Thouars . Il inscrivit mon nom sur une liste d'otages en fin 1943, sans connaître d'ailleurs mes activités clandestines pour la Résistance mais sans ignorer mon passé anarchiste pendant la guerre d'Espagne ( voir le secret de Marcel et Marcelle Marcel dans « Chroniques Noires à Thouars » editions Legestenoir). Et je partis dans un wagon plombé après quelques mois à Fresnes... Terminus : Buchenwald … Buchenwald !

Balthazar n'avait jamais vu pleurer Louis Grandclerc. Et les larmes sont toujours choses troublantes.

En bon journaliste, Balthazar ne dit rien... Il laissa aller le silence.

_ Buchenwald... le petit camp... La boue pour couche... Un croûton de pain, parfois, pour repas … Savez-vous...

…Silence.

_ Savez-vous ? J'ai mangé du cadavre... J'ai mangé de l'homme... En compagnie de mon ami là-bas, Luigi, le Gitan.



Tous deux pleuraient, autant d'ivresse que d 'émotion.

Le temps passa, comme il sait le faire, sans bruit.

_ Vous voulez dire que votre voisin est celui qui vous a dénoncé ?

Demanda Balthazar.

_ Oui ami ! Il est là en photo dans le cadre, une photo prise en 1943 devant le théâtre de Thouars. Il est en uniforme de la milice. Je ne l'ai pas reconnu quand il s'est installé il y a six mois, il avait changé avec le temps, mais là c'est net ! Il a brûlé comme on brûlé tant de ses victimes, dans les fours. Ah ! il y aurait donc une divine justice ?

_ Buvons ! Ami ! Balbutia Balthazar.


Ils burent donc, car dans ces situations atroces c'est la seule et minuscule, sortie. Balthazar voulut noter ce moment. Mais il ne trouva pas son carnet de notes. Il était saoul.

Le temps passa encore.

Ils se réveillèrent après avoir dormi à même table la table.

Louis Grandclerc sentait la fumée. Balthazar avait un torticolis.


Sans bruit Balthazar se leva, ferma la porte, tira le portillon. Aucun chien n'aboyait. Le soleil se levait sur une journée qui s'annonçait cruelle.

A SUIVRE LUNDI.

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