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mardi 17 février 2015

massacre 12

Vous aurez remarqué que, sur ce dessin Moustache n'en a pas. C'est pour qu'on ne le reconnaisse pas, pour qu'il n'ait pas de tracas avec ses chefs, il en a assez comme ça. Mais lui, il se reconnaîtra.




12

Résumé : Pas de retour de la pétition ! Une seule signature : la mienne ! L'anarchie est une longue et cruelle solitude.

Moustache, le sapeur-pompier ami de Balthazar, appela au téléphone. Moustache s'était naguère opposé à son officier. Syndiqué, il refusait de saluer les couleurs dans la cour de la caserne. Il ne se considérait pas comme militaire en dépit de l'uniforme. Et cela mena à une querelle. Et la querelle conduisit à une grève. Et Balthazar fut du côté des grévistes avec d'autant plus d'aisance qu'ils disposaient d'une buvette fort bien garnie alors que le capitaine (pourtant Breton d'origine) ne buvait que de l'eau.

Bref Moustache appela au téléphone :

_ ça brûle chez le voisin de Louis Grandclerc !

Note de l'auteur : il est bien trop tôt pour aller voir Louis Grandclerc. L'histoire n'est pas dans sa derrière ligne droite ! Elle commence à peine même. D'ordinaire quand Louis Grandclerc se pointe il reste deux, trois, quatre épisodes maxi ...

Mais là ?

Mystère !

Balthazar avala son vin blanc, vérifia qu'une pellicule était engagée dans son Minolta, ferma la rédaction, brancha le répondeur ( eh oui, tout ça), ferma la porte de derrière, ouvrit l'auto de service, posa son carnet de notes, son appareil photo et le flash sur le siége du passager, enfila la clef dans le contact et démarra. Derrière la gare il ne restait pas grand chose du pavillon. Seulement une carcasse fumante qui puait. Et des meubles, des sacs, des ustensiles posés en vrac sur la pelouse, sauvés qu'ils avaient été des flammes. Dans les cendres chaudes on retrouva un corps noir comme un charbon de bois mais tout recroquevillé.

Là, Balthazar croisa Louis Grandclerc qui souriait mystérieusement.

_ Suivez-moi, lui souffla Louis.

Tous deux allèrent dans le pavillon voisin, celui de Louis Grandclerc

Un petit pavillon en pierre avec un jardinet à légumes derrière et un parterre à roses devant. Sous la poignée de la sonnette un panneau « attention au chien ». Et une petite plaque de cuivre gravée au nom du propriétaire : Louis Grandclerc. Il n'y avait jamais eu de chien ici.

_ Buvons ! Cria Grandclerc.

Balthazar ne l'avait jamais vu ainsi, joyeux et triste à la fois. Il riait et pleurait.

_ Putain de merde buvons Balthazar ! Buvons ! D'ordinaire calme et doué d'une langue plutôt élaborée Grandclec semblait métamorphosé.

Donc on but. Abondamment : du Duhomard ( l'apéritif de Thouars), puis plusieurs bouteilles de Nicolas Reau dont un splendide Victoire 2012 fin et souple comme une jolie fille svelte, et du Champigny de Bruno Dubois ample et vaste comme une province, et de l'Antoine Sanzay grand et profond comme un labour d'automne, et du Bruno Richard alias « Garçon » un merveilleux pétillant si joliment baptisé « ventre glisse ». Le temps passait joliment aussi.

Puis furent débouchées une belle bouteille de Dominique Joseph alias “Pelo” un Saumurois qui avait signé une magnifique cuvée baptisée avec pertinence “Cré-scen-do” vu quelle montait en charme comme une danseuse byzantine ondoyant sur un baladi, puis un ample Chinon de Gérard Marula le “clos de Baconnelle” 2010 déclassé de l'appellation pour “atypicité” mais quelle classe il avait avec sa saveur de patte d'amande, et pour finir un Thierry Germain, la cuvée Marginale, un concentré d'émotions qui pouvait vous faire monter les larmes aux yeux ! Belle bordée s'il en fut ! Que du bon, que du naturel. Pas bobo la tête et des splendeurs en bouche.

Balthazar trinqua à chaque bouteille. Puis il finit par demander :

_ Je bois avec joie et vigueur. Mais à quoi buvons-nous ?

_ A la justice Balthazar ! Y a-t-il plus belle cause ? Je vous explique, reprenez un verre de Nicolas Reau et soyez attentif. Je vais vous faire une confidence, je vous livre un secret.



A SUIVRE

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