mardi 10 mars 2015

Massacre 27



27
Résumé : Sinon il y a les alcools rudes. Je connais un Rhum agricole offert par l'Alain des îles qui fait merveille. 59 ° et plein de belles idées qui se bousculent dans son sillage. C'est fou ce qu'il inspire quand on le respire.

En fouillant dans l'annuaire de la rédaction Ludivine trouva les contacts de Balthazar.

Les défenseurs de Balthazar se comptaient sur les doigts d'une main * : Moustache le pompier, Mouloud le syndicaliste, Michka le casseur de voitures, Juan-Lukos Caraboc le mage, peut-être Sobiestawa une vague polonaise qui de toute façon ne répondait jamais au téléphone ou alors très vaguement, Philippe Perrein lui, était joignable mais on ne comprenait pas ce qu'il disait, Fred un type perdu dans des musiques électroniques, quelques vignerons aux rendements miséreux ; bref rien de très reluisant pour un lectorat bourgeois.
Alain Fouquet, infirmier en alcoologie, sollicité par Ludivine, se retrancha dignement derrière le secret professionnel. Ce qui en disait long tout de même.

En revanche les ennemis de Balthazar étaient légion :
Me Aimery de Prime d'Antignol (avocat des riches), Jérôme Machecouille ( le patron d'Hyperbouffe), Henri Mistrat ( aubergiste du moulin bleu), Angèle Matrille ( femme d'un marchand de porcs), Albert Ichon et ses sbires, pour ne citer que les plus connus sur la place, sans compter les francs-maçons perdus dans le rituel des affaires, les notables de tout poil bien contents de s'être débarrassés à bon compte du journaliste, les officiers de toutes garnisons, les prélats cauteleux, des flics, des gendarmes, des anciens combattants de cantine, des religieux intégristes,... cela en faisait du monde !

Deux personnes restaient sans avis : Josiane Birdat* * commerçante à l'enseigne de la droguerie générale rue Saint-Médard, une poissarde bête et cruelle mais non dénuée de bon sens ; et Me Freddy Mespieds l'avocat des pauvres ( quand ils peuvent payer) ces deux là disaient à peu près la même chose :
_ Qui connaît le fond de l'âme humaine ? N'est-ce pas ? Attendons de savoir ce qu'il dit Balthazar. D'ailleurs où est-il ?

Louis Grandclerc ne répondait pas au téléphone.

_ Et puis qu'aurait-il pu dire de plus ? Se demanda Ludivine en croquant tristement un sandwish à la salade entre midi et deux, assise au bureau, devant un grand verre d'eau. Il fallait remonter à plusieurs décennies pour se souvenir de la présence d'un verre d'eau sur le bureau de Balthazar.

Legrandu n'était pas sorti de l'hôpital. Il avait le nez brisé, les vertèbres cervicales déplacées ; et comme il s'était cogné à l'angle de son bureau en tombant, il souffrait également d'un léger traumatisme crânien. En dépit de ces blessures il souriait in petto

_ Mon fumier, tu ne m'as pas loupé pensait-il en s'adressant mentalement à Balthazar vu qu'il se parlait à lui-même, c'est le principe même de la pensée. Mais cela en valait la peine, les recherches sont vaines, elles sont suspendues, surtout reste bien planqué mon pote. Attends que je reprenne du service.

Mais il y en a un qui n'attendit pas pour reprendre du service .

 *Note de l'auteur : je reçois aussi ce témoignage réconfortant de Jean-François Mathé, authentique poète : “Si par hasard vous vous révéliez vraiment coupable dans cette sordide histoire de massacre, si vous passiez en jugement, vous pouvez faire appel à moi : je serai un ardent témoin de moralité.” Merci à lui, mais hélas les poètes ont peu de poids aux assises. A Jean Genet qui avait volé un livre le président demanda “ connaissez-vous au moins le prix de cet ouvrage ?”, l'écrivain répondit : “non, mais j'en connais la valeur”... Il fut condamné.
** Voici le portrait de Josiane Birdat ( « Deux Bouteilles Tordues Comme le Reste », dans « Chroniques Noires à Thouars », Geste éditions) : Elle économisait sur l'électricité et le fuel. Elle économisait sur tout, même sur la savonnette. L'avarice est la seule passion qui ne coûte rien. Mais accueillait le visiteur avec chaleur ( ce qui ne coûte rien) 

lundi 9 mars 2015

massacre 26



27
Résumé : Sinon il y a les alcools rudes. Je connais un Rhum agricole offert par l'Alain des îles qui fait merveille. 59 ° et plein de belles idées qui se bousculent dans son sillage. C'est fou ce qu'il inspire quand on le respire.


En fouillant dans l'annuaire de la rédaction Ludivine trouva les contacts de Balthazar.
Les défenseurs de Balthazar se comptaient sur les doigts d'une main : Moustache le pompier, Mouloud le syndicaliste, Michka le casseur de voitures, Juan-Lukos Caraboc le mage, peut-être Sobiestawa une vague polonaise qui de toute façon ne répondait jamais au téléphone ou alors très vaguement, Philippe Perrein lui, était joignable mais on ne comprenait pas ce qu'il disait, Fred un type perdu dans des musiques électroniques; bref rien de très reluisant pour un lectorat bourgeois, quelques vignerons aux rendements miséreux.
Alain Fouquet, infirmier en alcoologie, sollicité par Ludivine, se retrancha dignement derrière le secret professionnel. Ce qui en disait long tout de même.
En revanche les ennemis de Balthazar étaient légion :
Me Aimery de Prime d'Antignol (avocat des riches), Jérôme Machecouille ( le patron d'Hyperbouffe), Henri Mistrat ( aubergiste du moulin bleu), Angèle Matrille ( femme d'un marchand de porcs), Albert Ichon et ses sbires, pour ne citer que les plus connus sur la place, sans compter les francs-maçons perdus dans le rituel des affaires, les notables de tout poil bien contents de s'être débarrassés à bon compte du journaliste, les officiers de toutes garnisons, les prélats cauteleux, des flics, des gendarmes, des anciens combattants de cantine, des religieux intégristes,... cela en faisait du monde !
Deux personnes restaient sans avis : Josiane Birdat * commerçante à l'enseigne de la droguerie générale rue Saint-Médard, une poissarde bête et cruelle mais non dénuée de bon sens ; et Me Freddy Mespieds l'avocat des pauvres ( quand ils peuvent payer) ces deux là disaient à peu près la même chose :

_ Qui connaît le fond de l'âme humaine ? N'est-ce pas ? Attendons de savoir ce qu'il dit Balthazar. D'ailleurs où est-il ?

Louis Grandclerc ne répondait pas au téléphone.

_ Et puis qu'aurait-il pu dire de plus ? Se demanda Ludivine en croquant tristement un sandwish à la salade entre midi et deux, assise au bureau, devant un grand verre d'eau. Il fallait remonter à plusieurs décennies pour se souvenir de la présence d'un verre d'eau sur le bureau de Balthazar.

Legrandu n'était pas sorti de l'hôpital. Il avait le nez brisé, les vertèbres cervicales déplacées ; et comme il s'était cogné à l'angle de son bureau en tombant, il souffrait également d'un léger traumatisme crânien. En dépit de ces blessures il souriait in petto
_ Mon fumier, tu ne m'as pas loupé pensait-il en s'adressant mentalement à Balthazar vu qu'il se parlait à lui-même, c'est le principe même de la pensée. Mais cela en valait la peine, les recherches sont vaines, elles sont suspendues, surtout reste bien planqué mon pote. Attends que je reprenne du service.
Mais il y en a un qui n'attendit pas pour reprendre du service .

* Voici le portrait de Josiane Birdat ( « Deux Bouteilles Tordues Comme le Reste », dans « Chroniques Noires à Thouars », Geste éditions) : Elle économisait sur l'électricité et le fuel. Elle économisait sur tout, même sur la savonnette. L'avarice est la seule passion qui ne coûte rien. Mais accueillait le visiteur avec chaleur ( ce qui ne coûte rien)




dimanche 8 mars 2015

massacre 25



25
Résumé : ( gueule de bois).

Comme on imagine le journal se vendit fort bien, on faillit même manquer à la vente. Mais un gros paquet d'exemplaires égarés dans le Cher fut rapatrié dare-dare en Deux-Sèvres.
Le lendemain Ludivine était nommée à la place de Balthazar, elle avait brièvement travaillé à ses côtés et le connaissait peu. Elle occupa le fauteuil de skaï déchiré, poussa les bouteilles vides, les piles de papiers griffonnés, de journaux jaunis,et tenta de faire fonctionner la machine à écrire qui n'avait plus de lettre « Z ». Un soir de biture Balthazar l'avait arrachée en vociférant devant son pote, le dentiste Plouendec Karantec qui riait aux larmes...
Et Balthazar qui gueulait :
_ Appelez-moi désormais Balthââr !
C'était le bon temps...

On a déjà croisé Ludivine ( « Sale Temps Pour Les Clodos », dans « Chroniques Noires à Thouars », Geste éditions) voici son portrait alors qu'elle venait assurer un remplacement pour les congés de Balthazar :
Une fille plutôt maigre, d’une légère rousseur, de grands yeux très clairs. Elle promenait dans son sillage un cortège de tristesse infini, de solitude cruelle. Elle était belle pourtant, mais à l’évidence ses compagnons de passage n’avaient pas su, ou pas voulu, la retenir. A l'époque Balthazar n’avait pas été insensible à sa douceur naturelle, à cette manière qu’elle avait de lever sur lui son regard d’eau fraîche. Mais il était une vieille bête, incapable d’entamer une relation même fugace. Surtout avec une stagiaire ! Il était un vieux sanglier un peu butor. Que le siège, à Tours, lui ait envoyé une fille pour le remplacer c’était, pour lui, inconcevable. La presse locale était, dans son esprit, une affaire brutale, rude, où l’on prenait des coups, où l’on en donnait. Un truc qui imposait des stratégies de combat, de longues heures au bistro, d’épuisantes soirées au bal des commerçants. Tout ça pour glaner une confidence, une de ces infos précieuses, qui bien envoyée s’avérerait dévastatrice. Ces infos-là n’étaient jamais sur l’agenda du député ou dans le discours du maire.
Ludivine se couchait trop tôt pour avoir accès à ces trésors enfouis. Il fallait aller les débusquer à force de patience et de beuveries. Ludivine buvait du lait ! Qui a jamais fait une confidence à quelqu’un qui boit du lait ? 

Désormais Ludivine était seule au poste, il lui faudrait faire face à tous les grincheux, elle en soupirait de lassitude et d'avance.

Justement Karantec entrait dans la rédaction, il était furieux !


A SUIVRE

samedi 7 mars 2015

La phrase romanesque

J'écoute France musique, je me dis " que c'est chiant"
https://www.youtube.com/watch?v=6KD39Vt7VFk
"C'est bouleversant"déclare l'animateur ...
(Tedi, je crois)

vendredi 6 mars 2015

jeudi 5 mars 2015

massacre 24

24

Résumé : Ah il y a le Champagne aussi, mais il réservé pour le dernier chapitre avec les confettis et les biscuits à la cuillère.

Le planton alerté par les gémissements de Legrandu vit l'inspecteur avec son visage en sang. Les secours appelés, le procureur avisé, les gendarmes informés, le plan épervier déployé partout sur les routes autour de Thouars, et bien sûr la direction du journal « Le Courrier de la République » mise au courant le lendemain en fin d'après-midi par la secrétaire inquiète de ne pas avoir vu Balthazar depuis un bon moment. Elle appela l'hôpital en vain, les chausettes à clous (gendarmes) en vain, les cognes (flic) avec succès si l'on peut dire .

_ Cela devait finir comme ça dit le directeur. Il devenait de plus en plus bizarre ce con de Balthazar!

_ Qu'est-ce qu'il picolait et quel emmerdeur, dit le cul de plomb ( secrétaire de rédaction) mais quand même de là à violer une gosse ?

_ Je te dis je ne l'ai jamais trouvé net ce type. Tu lui connaissais une copine ? Non ? Eh ben tu vois ! Même les stagiaires en jupon il ne les a jamais pelotées.

_ Pas comme toi ! ( on se tutoie dans la profession, c'est une tradition).

_ Eh alors on n'est pas de bois ! En tout cas c'est pas moi qui irais tuer une enfant. Bon ! Assez déconné on fait la « Une » dessus, on met le paquet. On tape fort. On va vendre du papier.

Au fond de la rédaction une jeune femme leva la main, c'était la correctrice :

_ Oui, mais la présomption d'innocence ?

_ La quoi ? Demanda en rigolant le directeur. Allez on fonce les cocos, bouclage dans quatre heures, on a tout juste le temps. Pensez à appeler ses copains, s'il en a. Les élus, ses ennemis qui sont légion et tout le toutim. Moi je m'occupe d'envoyer quelqu'un à sa place à Thouars.

Le photographe fit la grimace, il n'avait pas grand chose en archive : Balthazar ne venait pas aux arbres de noël du journal, il n'était même pas venu chercher sa médaille du travail. Il y avait bien un vague cliché pour le départ en retraite de Jako Flanur, mais on le voyait au fond de la salle et il avait d'évidence déjà pas mal picolé... C'est con mais un journaliste prend cent photos par semaine et l'on n'a pas un cliché de lui. Le syndicat sollicité, fournit finalement une photo d'identité en renaclant. Alors on fit appel au dessinateur du journal pour composer, comme une BD, les étapes Baltahzariennes : ses débuts dans d'obscures rédactions perdues en forêt ou abandonnées au fond des plaines, ses rancœurs, ses caprices, ses colères, sa solitude, ses ivresses, et pour finir une représentation fort émouvante du drame : Balthazar grimaçant au-dessus d'une fillette en sang.




A SUIVRE LUNDI


Balthazar : voter utile

mercredi 4 mars 2015

massacre 23




23

Résumé : Elle circule cette pétition ?

On frappait avec fureur à la porte. Louis Grandclerc vint ouvrir. Il souriait :

_ Ah Balthazar belle biture l'autre soir. Merci d'avoir partagé cette belle ivresse avec moi. Il faut que j'aille voir mon pote le gitan Luigi il sera bien content d'apprendre que ce fumier de milicien qui m'avait dénoncé est mort dans les flammes. Je vous emmène ? Parce que si vous venez boire, hélas, je n'ai plus rien à vous offrir, on a tout bu l'autre jour... Ou alors une affreuse gnôle... ça vous dit de la gnôle ?

_ Non... Cachez-moi. Je vous en prie cachez moi !

Assis à la table de la cuisine, Balthazar raconta à son ami les récents événements. Louis Grandclerc, ne demanda pas de preuve. L'amitié est au-dessus de tout.

_ Bien sûr que je vais vous cacher, j'ai une certaine pratique dans le domaine ( lire le secret de Marcelle et Marcel Marcel). Nous attendrons le temps qu'il faut. Le temps que votre innocence soit prouvée et si cela dure longtemps, au moins je profiterai de votre compagnie. Suivez-moi.

Ils descendirent tous deux l'escalier qui menait au sous-sol. Il passèrent devant des sacs de patates, des cajots de vieilles noix, des casiers de bouteilles vides, des cartons d'oignons.

_ Faites-vous souple, dit Grandclerc.

Il fallait passer derrière la cuve à fioul par un étroit passage mal éclairé dans un coin de cette cave. Là, derrière, s'ouvrait un étroit couloir aveugle. Au fond de cette impasse minuscule, Louis Grandclerc appuya sur le mur de la main droite et tira de la main gauche en glissant ses doigts dans un trou qu'on ne voyait pas. Le mur bascula. C'était la porte de la cache. Derrière une vaste pièce sans fenêtre mais bien éclairée par plusieurs lampes indirectes, il y avait un lit, une bibliothèque, quelques tableaux aux murs, une télé, des cartons remplis de papiers, au mur une carte d'Amérique du Sud avec des punaises de couleur du côté de la Patagonie, une table, trois chaises.

_ Voilà vous allez vivre là le temps nécessaire. C'est confortable. Ce n'est pas le grand air, mais un système d'aération fonctionnel vous met à l'abri de l'asphyxie. Je vous apporterai de quoi faire chauffer de l'eau, du thé, du café. Voici une petite provision de nourriture si par hasard il m'était impossible de venir pendant quelques jours. Il y a aussi un robinet, là derrière le rideau. Voilà je viendrai souvent, prenez patience ami. Un honnête homme est toujours reconnu... Mais cela demande parfois du temps.

Louis Grandclerc se retira.

Balthazar resta un long moment immobile. Il y avait là, dans cette pièce, un parfum connu. Mais où avait-il humé cette fragrance fine ? Tubéreuse ? Peut-être.
Une écrasante solitude était entrée là avec lui.
Il s'effondra sur le lit. Au moins ici il n'y avait pas de téléphone. Mais ailleurs il carillonnait.



A SUIVRE

Balthazar : passage obligé

mardi 3 mars 2015

Massacre 22



22
Résumé : vous me direz aussi, pourquoi ne pas boire de l'eau ? Certes, mais l'eau n'a pas de goût et comment rendre la saveur d'un récit avec un ingrédient insipide ? Eh oui il faut réfléchir avant de poser des questions stupides.
_ Bon je t'explique dit Legrandu tu as écris : « après que je suis parti je suis allé boire un Duhomard ». C'est la formule grammaticale correcte : après que on utilise l'indicatif, pas le subjonctif. Or sur la note retrouvée sous le corps de la petite il est écrit : « après que je sois parti je suis allé boire un Duhomard »... Subjonctif, une faute que tu n'as pas commise. Ensuite tu as écris « je me rappelle... avoir bu un bon vin chez Nicolas Reau » et non je « me rappelle d'avoir... » On ne dit pas se rappeler de quelque chose mais se rappeler quelque chose. Une deuxième faute que tu n'as pas commise contrairement à la note. Et aussi tu as écris : « fors l'honneur » et non « fort l'honneur » comme c'est le cas sur cette foutu papier.Une troisième faute que tu n'as pas commise contrairement à la note. Et tu as aussi écris : « je me suis trompé, au temps pour moi » ; et pas « autant pour moi » comme sur la feuille toujours. Une quatrième faute que tu n'as pas commise contrairement à la note. Et le pompon tu as écrit : « les délices enfantines sont passées » en effet délice est féminin au pluriel, la note a commis l'erreur de laisser ce mot au masculin. Donc en dépit d'une écriture laide mais parfaitement imitée tu n'est pas l'auteur de la note. Tu as d'instinct rectifié les fautes, même celles que j'ai volontairement prononcées. Voilà maintenant frappe moi et évade toi.
Balthazar souriait stupidement. Ainsi les coups de règles en primaire, les oreilles pincées par ce tortionnaire d'instit, et les exercices constants du Bled, ce terrible bouquin de grammaire, avaient une utilité en définitive ! Legrandu avait-il eu le même maître intraitable ?

Balthazar se leva, et embrassa Legrandu. Puis il recula et lui envoya une merveilleuse patate en plein la tronche, un de ces coups appris chez les paras, quand, chaque soir dans les chiottes, des querelles se vidaient une bonne fois pour toute, parfois même entre hommes du rang et gradés . Un coup redoutable qui vous écrasait le nez avec un beau bruit net. L'inspecteur encaissa avec un grognement. Le sang se mit à gicler. Balthazar fit encore une bise sur la tête de son ami, enjamba la fenêtre. Il faisait nuit et frais, avec derrière l'empyreume des latrines policières le délicat parfum de la liberté

Il n'y avait qu'un seul endroit où aller !
A SUIVRE