jeudi 11 août 2016
mercredi 10 août 2016
On rêve !!!
mardi 9 août 2016
Sur le "dur"
J'ai sauté dans le wagon de marchandise quand le train a ralenti dans la courbe. A bord un grand noir ma tendu la main. Nous étions tous deux à bord. On a roulé longtemps. Il chantait bien. En pleine campagne le train a stoppé. Les vigiles sont venus. Ils ont pendu mon compagnon et m'ont rossé. Plus tard j'ai pris d'autres coups dans une manifestation, heureusement j'avais un manche de pioche et j'ai pu m'en servir un peu contre les flics. Je suis resté six mois en taule, j'ai appris à gratter un peu de banjo.
J'ai repris le "dur". J'ai croisé Woody qui chantait dans les usines en grève et avait posé une étiquette sur sa guitare " cette machine tue les fascistes". C'est fou ce qu'il m'a ému ce type.
J'ai ramassé des oranges, des poubelles, des fraises, des melons, des pastèques, j'ai distribué des journaux qui parlaient de la crise et de Ford, des prospectus pour des bars interlopes, des baffes aussi.
J'ai traversé bien des tempêtes de poussière.
J'ai pris cher en gros.
J'ai eu ma part.
lundi 8 août 2016
Thé noir
J'ai enfilé mon jean tuyau de poêle et chaussé mes Paraboots ( le modèle semblable à celui de Pete Seeger sur une vieille pochette de disque à fond vert). Chemise à carreaux, et duffle coat. J'ai enjambé mon vieux vélo et j'ai filé dans la ville.
Elle m'attendait et sa bouche avait le goût délicat du lait.
Sur la platine, on a mis "Waves" de Kolbe et Ilenberger, un disque venu d'Allemagne avec une pochette toute noire.
Nous buvions du thé sombre avec des pointes blanches dedans.
dimanche 7 août 2016
NOUS ETIONS DE FIERS BARBARES
De Buenos-Aires je n’ai jamais rêvé. J’ai toujours préféré Pernambouc et la Patagonie, et aussi l’Afrique… cela va sans dire. Chez nous, le goût des voyages commande de ne pas s’attacher.
Je suis un enfant de cette famille qui n’eut jamais de grenier. Chez nous pas de malles emplies de vieilles redingotes, de fanfreluches roses, ni de sabres poussiéreux. Pendant quelques décennies j’ai en nourri un peu d’amertume.
Chez nous pas de dimanche endimanchés. Notre horizons’appelait « le terrain » où papa construisait une maison pour les siens. J’y fus le minuscule atome d’un Grand Tout, tout juste bon à fureter dans un tas de bois pour trouver la cale idoine, tout juste capable de tenir hors du temps un morceau de ferraille dans la verticalité qu’impose l’étoile polaire (c’est-à-dire l’axe du monde). Je n’ai rien compris de ces années. J’en garde le souvenir d’un interminable ennui. Dans le dédale vide et froid des chambres en gestation.
J’ai retrouvé l’espoir plus tard.
Chez nous, pas de potager bien ordonné. Nous étions mangeurs de viande, pas cultivateurs de cucurbitacées… A peine y avait-il une poignée de radis lâchés dans le parterre d’Impatience, à elle de se débrouiller. Chez nous, le végétal avait un statut à part et très étrange, comme un Dieu qu’on aurait chahuté… papa avait le sécateur meurtrier. Je ne suis pas sûr d’avoir envié les fiers alignements de salades chez les voisins. Nous étions des barbares carnassiers, sans grenier et prompts au voyage.
Chez nous, ce n’était pas comme chez les autres.
Chez nous les saules pleureurs ne pleuraient pas. Chez nous les lustres attendirent des lustres. Chez nous les gens étaient étonnés, et cela ne manquait jamais de me surprendre.
La fantaisie et la droiture étaient nos mamelles à nous. La maison sentait un délicat parfum de tarte aux pommes chaude et de fuel. Chez nous c’était le chaos des choses et l’harmonie des sentiments. Quelle curieuse famille de barbares !
samedi 6 août 2016
vendredi 5 août 2016
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