mardi 31 mars 2015

Bleu abyssal

Cantonales dans mon coin, deuxième tour de la triangulaire. Le FN arrive en tête à Argenton l'Eglise : 38.14%
Bouillé-Loretz : 34.43 %
Saint-Martin-de-Sanzay 40.16 %
et la commune qui tient le pompon (de marine bien-sûr)
Résultat de recherche d'images pour "pompon de marine"
 Marnes : 41.93 % !!!
J'ai navigué 20 ans dans ces paisibles contrées : jamais vu une agression, si... Peut-être un frelon qui piqué un jour une grand-mère. 
Un frelon asiatique certainement, mais est-ce une raison suffisante pour voter extrême droite à ce point ?

On ne vote pas FN parce qu'on ne sait pas quoi voter d'autre, on vote FN parce qu'on partage les idées de ce parti et entre autres celles-ci


lundi 30 mars 2015

massacre 41




41

Résumé : ...




Journal de bord rédigé par le commandant du cargo. “Formose III”




Date : …

“ Ce matin à 7 h 30 le matelot Lucas a trouvé, sans vie, le passager de la cabine n° 6. Nom : Balthazar Forcalquier, nationalité française. Suicidé : une balle dans la tête. Un seul mot , abscons, trouvé à côté du corps

“ C'est aujourd'hui que c'est arrivé... Tout monte d'un degré de tonalité... à bâbord déjà” * .

Ne disposant pas de chambre froide, nous avons immergé le corps le soir même par “35° 57 ' latitude nord /15° 16' longitude ouest”. Ne disposant pas de prêtre à bord, le second a dit une courte prière. Poursuivons notre route. ”




Poursuivons notre route... Poursuivons notre route...Poursuivons notre route... Poursuivons notre route...Poursuivons notre route... Poursuivons notre route...Poursuivons notre route...




Nécrologie publiée dans la page de Thouars du Courrier de la République douze jour plus tard par sa consoeur Ludivine .

“Nous apprenons avec émotion le décès accidentel de Balthazar Forcalquier à bord d'un cargo au large de Madère. Le défunt fut pendant de longues années l'observateur attentif et bienveillant de l'actualité locale.”

_ Heu... Je rajoute “condoléance à sa famille” ? Demanda Ludivine à la secrétaire. Avait-il une famille ?

_ Tiens c'est vrai ça? Il n'en parlait jamais.

_ Bof... je ne mets pas sa photo, d'ailleurs on n'a pas de place, j'ai un compte-rendu de kermesse qui attend.
* (extrait “ Du monde entier au coeur du monde” de Blaise Cendrars)
FIN pour de vrai


Balthazar (alias Youssouf).


“Yousouf l’Infortuné a dessiné son bateau(...)

“Prends-moi aussi Yousouf
Sur ton bateau.
Mon bagage n’est pas lourd:
Un livre, un cahier et une photo.” (...)

“Voici devant nous la Barcelone du Frente popular
Fini notre voyage (...)
“Nous avons vu à Barcelone dans l’aurore
La liberté se battre en chair et en os
Nous l’avons regardée les yeux en flammes
Et comme la peau brune et chaude d’une femme
De nos mains d’hommes affamés
Nous avons touché la Liberté.”
Nazim Hikmet

dimanche 29 mars 2015

massacre 40



40

Résumé : ça vaut vraiment le coup ?
Balthazar poussa la porte du café des Arts. Karantec était là, pensif et triste, seul devant le jeu de tric trac. Depuis la disparition il jouait seul, et inventait chaque soir des dialogues à bas mots avec son ami. « Tu joues mal Balthazar ! » … « Ah fatal erreur je vais encore gagner »... « cette fois-ci encore tu vas payer ta tournée ». Cette manière d'amitié était enfantine, belle et pure. Karantec leva les yeux et s'exclama :

_ Biskoazh kemend-all ! Ce qui peut vouloir dire en Breton : incroyable ! Inouï !

Il pleurait. Les retrouvailles fut émouvantes. Le lendemain, un vendredi, toute la ville ne parlait que du retour de Balthazar sur le marché et chacun d'affirmer sans sourciller :

_ Ah mais moi, j'ai toujours su qu'il était incapable de faire de mal à une mouche Balthazar ! Je l'ai toujours pensé. Et si on m'avait demandé mon avis je l'aurai défendu.

Le journaliste n'avait plus que des amis et parfois des lourdeaux vulgaires

_ Balthazar ne toucherait jamais une fillette, ou alors un fillette de vin blanc ! Arf ! Arf !

La direction du journal organisa une petite fête pour son retour, mais le journaliste n'y alla pas. On annonça à Ludivine qu'elle devait se préparer à partir pour Romoratin, mais Balthazar ne remit pas les pieds au journal.

Il perçut son salaire plein durant tout ce temps d'absence, à titre de compensation. Il offrit une tournée à ses amis au café des arts. Il serra Louis Grandclerc sur son cœur avec une insistance qui surprit l'assemblée. Pourquoi Grandclerc avait-il droit à une semblable manifestation d'affection ? Il lui glissa un mot dans l'oreille.

Le lendemain Balthazar était parti. A Bordeaux il prit un billet à bord du “Formose III” un cargo de bois exotique qui levait l'ancre pour le Brésil. C'était ce secret qui avait été confié à Louis la veille.

Il avait en tête ce poéme de Blaise ( Cendrars)

"Aujourd'hui je suis peut-être l'homme le plus heureux du monde
Je possède tout ce que je ne désire pas
Et la seule chose à laquelle je tienne dans la vie chaque tour d'hélice m'en rapproche.
Et j'aurais peut-être tout perdu en arrivant. "


Fausse fin... A suivre donc …



samedi 28 mars 2015

La phrase romanesque

Avez-vous remarqué que, 
si les femmes chantonnent encore, 
les hommes ne sifflent plus ?
(Balthazar Forcalquier)



jeudi 26 mars 2015

Marnes : 44 %, menace détectée

Le FN : 44 % à Marnes ( Deux-Sèvres) ! Marnes : un coin paumé aux marches de la Vienne.

Pas un maure à l'horizon ! Ou alors il y a longtemps, peut-être a-t-on vu un éclaireur perdu en 732

44 %  des suffrages exprimés pour le FN  !

Insécurité ? Oui, peut-être un vol d'une poule il y a quelques années, et un graffiti sur la porte des chiottes  ( et encore ce n'est pas sûr) !
Alors ?
Alors je suis allé voir sur internet




Et l'ordinateur m'a dit : "une menace a été détectée!"
C'est vrai



y a des fois j'vous jure !

mercredi 25 mars 2015

Massacre 39



39
Résumé : Encore sobre ? Je ne peux plus rien pour vous !

Placé en garde à vue, Hugues Single niait. Mais quand au matin l'inspecteur Legrandu lui glissa sous les yeux l'article du Courrier de la République, il devint livide.

En ouvrant et en fermant les guillemets, Albert Ichon chargeait son ancien ami. Il l'accusait de ce « crime odieux », confiait « j'ai déjà remarqué chez lui des tendances bizarres, une manière de regarder les fillettes lors des fêtes d'école qui m'a troublé... Mais de là à imaginer un monstre derrière son visage si paisible! On ne peut se méfier à personne ! Il faut rendre hommage à la police qui vient d'accomplir une tâche exemplaire ! D'emblée Hugues Single ne peut plus être maire, je soutiens la candidature d'un jeune plein d'avenir et que j'ai fait venir du Limousin : Kevin Roubieux. Il aime l'ordre et la discipline. Les Thouarsais pourront continuer de vivre dans le calme et la sécurité. »

Lâché par le député, le maire se mit à table comme on dit dans le bureau de Legrandu. Il raconta qu'il avait effectivement tué cette fillette, puis l'avait violée post-mortem,

_ Avec dégoût, mais j'obéissais aux consignes strictes d'Albert Ichon. Je suis un soldat, j'ai obéis aux ordres. A-t-on jamais demandé des comptes à ceux qui torturaient en Algérie ? Je suis un bon Français, et j'ai toujours respecté mon officier, mais s'il me lâche sur ce coup, il ne mérite plus mon honneur ni ma fidélité.

Il continua sa confession : il avait glissé dans la main de la jeune victime un papier pris quelques temps avant dans le carnet de notes du journaliste. Carnet rapidement escamoté puis remis en place.

_ Comme il est bourré 24 h sur 24 le journaliste, ce fut facile, précisa-t-il

Sur ce papier un faussaire habile avait parfaitement imité l'écriture hasardeuse de Balthazar. Puis il avait emmené la dépouille là où elle fut découverte. Le piège avait fonctionné. Le journaliste avait disparu, et la campagne électorale du député avait pu être menée avec l'appui d'une presse bienveillante.

_ Vous avez martyrisé une enfant pour prendre les leviers du pouvoir ? Interrogea Legrandu stupéfait.

_ Oui, et cela a fonctionné parfaitement. Ne faites pas la vierge effarouchée monsieur l'inspecteur. Combien de victimes sur la planète et dans l'histoire pour la saveur du pouvoir ?

Et, ce fut abject, il ajouta :
_Cette petite de toute façon, avec sa mère droguée, aurait eu une vie de merde. Elle aurait fini avec une seringue dans le bras, alors un peu plus tôt, un peu plus tard...Et elle n'a pas souffert. J'ai appris sous d'autres soleils à égorger.Le reste ne fut que mise en scène.

Le député ne fut jamais poursuivi, les preuves de son implication réelle dans cette affaire manquaient. Il en avait pourtant tiré d'évidents bénéfices. Mais sa situation était devenue intenable il démissionna et partit s'installer confortablement au Maroc. L'inspecteur se demanda longtemps pourquoi Ichon avait lâché ainsi Hugues Single. Par peur que l'autre ne craque ?

Il interrogea l'ancien maire sur ce point qui lui répondit sans mystère

_ Plutôt en raison de divergences politiques profondes. Ichon était devenu mou à force de bouffer des petits fours et de caresser le cul des démocrates.Il a eu peur de moi !

Chez les fachos l'unité est un leurre et les appétits aiguisés font que les morsures sont profondes. Single s'était rapproché d'une ligne plus dure encore, une ligne qui menaçait la façade faussement bien pensante du parti. En coulisse des trahisons mijotaient, des perfidies s’aiguisaient, des félonies s'échafaudaient.

Quand tout cela fut révélé, Balthazar sortit au grand jour . Il était pâle.

A SUIVRE...Lundi

mardi 24 mars 2015

Massacre 38



38

Résumé :  Si vous n'avez pas bu depuis le début de cette histoire, il est grand temps, encore quelques événements plus un coup de théâtre, et ce sera trop tard.
 
 Neuf heures du matin. L'inspecteur Legrandu accompagné de son ami Jean-Jacques Gribois de l'INPS ( Institut National de la PoliceScientifique) sonnait au domicile du maire dans le quartier le plus bourgeois de Thouars, rue Camille Pelletan, où de belles demeures surplombent la riante vallée du Thouet. La vue se perd en face sur de moelleuses prairies. Les soirs d'été il fait bon savourer un drink en compagnie des notables, les couchers de soleil y sont somptueux et mériteraient à eux seuls un festival des couchers de soleil. La maison était d'un luxe extrême. Un domestique vint ouvrir et fit patienter les policiers dans un salon aux tapis épais, table de marqueterie, miroirs à facettes,et – faute de goût - la reproduction d'un Dali entouré de quelques trophées de chasse au-dessus d'un profond canapé de cuir.

_ Que me vaut votre matinale visite mes amis ? Demanda le maire en robe de chambre. Je vous prie d'excuser ma mise je suis rentré tard et me suis levé de même. Nous dînions à la sous-préfecture. Laissez moi deviner, vous avez encore des soucis avec ces foutus arabes ?

_ Pas du tout monsieur le maire, répondit Legrandu. Vous avez toujours votre Audi bleue ?

_ Certainement, pourquoi ? Me l'aurait-on volée ? Un noir ? Un Tzigane ?

_ Non, où est-elle ?

_ Mais si elle n'est pas volée, elle est dans sa remise dans ma maison de campagne à Saint-Généroux. Je ne m'en sers plus depuis longtemps.

_ Allons-y !

_ Comment ?

_ Allons-y tout de suite, l'affaire est grave je vous assure !

Inquiet le maire tenta de faire bonne figure.

_ Mais tout de même me direz-vous ?

_ Oui mais seulement en arrivant là-bas. Car j'aurais trop peur d'être ridicule à vos yeux, dit Legrandu avec un air de coupable soumission. Et il servit le mensonge tout chaud. Nous nous demandons si elle n'a pas été volée et si elle n'a pas servi à un braquage sanglant dans le sud de la France. L'immatriculation correspond.

_ Dans ce cas laissez moi un instant, je m'habille.

Tous trois partirent. Tous trois arrivèrent à Saint-Généroux. Hugues Single ouvrit la remise. L'Audi était là. Le policier scientifique ouvrit le coffre, aspergea son luminol et alluma sa lampe. Des traces d'un bleu turquoise apparurent.

_ Du sang pas de doute !

_ Vous êtes en état d'arrestation monsieur le maire, déclara doctement Legrandu en passant les menottes vivement autour des poignets de Single dont la balafre avait soudainement pâli.

Le maire piégé, protesta vainement, menaça, tempêta.

Le policier scientifique fit ses prélèvements. Ils révélèrent que le sang était celui de la fillette, ainsi que trois longs cheveux et un minuscule morceau d'ongle qui provenait de son index droit. Le petit corps de la malheureuse victime martyrisée était toujours à la morgue de l'hôpital, sa mère n'ayant pas les moyens de lui payer des obsèques et refusant l'inhumation publique. Il fut aisé de montrer que ce petit morceau d'ongle appartenait au cadavre .

Dans son bureau Legrandu présenta la situation au maire :
_ Le corps a été transporté dans cette voiture, cette preuve plus le témoignage de Ricardo : il n'en faut pas plus pour vous envoyer aux assises.

Hugues Single resta mutique jusqu'à une déclaration dans la presse qui changea tout.

A SUIVRE...

lundi 23 mars 2015

massacre 37





37
Résumé : On arrive bientôt à la fin, préparez vos mouchoirs !

L'inspecteur Legrandu achevait en soupirant son procès-verbal. Une fillette manouche avait été prise par le vigile d'Hyperbouffe alors qu'elle escamotait une tablette de chocolat. La police avait été alertée. Elle avait dû venir. Il avait fallu emmener la fillette au commissariat et enregistrer sa déposition, la placer en cellule en attendant que ses parents viennent la chercher et qu'ils subissent eux aussi une leçon de morale, une obligation de rembourser le chocolat, en attendant la convocation devant le juge des enfants. Telles étaient désormais les consignes impératives de la hiérarchie harcelée par la sous-préfète amoureuse d'Ichon.

Le flic songeait depuis quelques mois à quitter le service. Il avait la vocation, mais ce boulot le dégoûtait désormais. Il entama la rédaction de sa lettre de démission quand son téléphona sonna :

_ Allô ? Monsieur Legrandu ? Pouvez-vous venir me voir ? J'ai à vous parler de Balthazar Forcalquier. Je m'appelle Louis Granclerc. J'habite derrière la gare de Thouars, vous trouverez facilement c'est un petit pavillon en pierre avec un jardinet à légumes derrière et un parterre à roses devant. Sous la poignée de la sonnette il y a un panneau « attention au chien ». Et une petite plaque de cuivre gravée à mon nom. Ne redoutez rien, il n'y a pas de chien.

Moins d'un quart d'heure plus tard Legrandu sonnait.

Gandclerc fit entrer l'inspecteur dans sa cuisine, mais il ne lui servit rien à boire. Il connaissait Legrandu, mais se méfiait des flics depuis qu'un jour de 1943 ils étaient venus l'arrêter. Il raconta ce que Rodrigo avait vu.

L'inspecteur s'illumina d'un large sourire :

_ Ho ! Voilà si longtemps que j'attends cela ! Enfin une piste, une vraie. Quelle joie. Je n'ai jamais cru à la culpabilité de Balthazar. Je ne peux pas vous dire ce que j'ai fait pour lui mais croyez-moi j'ai essayé de l'aider. Où est-il aujourd'hui ce pauvre ami ? En avez-vous une idée ?

_ Hélas non! Je l'aimais bien aussi. Je ne l'ai pas revu depuis cette triste affaire.

L'inspecteur convoqua Rodrigo, enregistra sa déposition un soir quand le commissariat était quasi désert. Il lui recommanda de garder pour lui son témoignage jusqu'à nouvel ordre. Il lui expliqua que sa déclaration était nécessaire mais pas suffisante, que pour confondre le maire il en fallait plus et que cela était son affaire de flic. Le Gitan en fut bien étonné. C'était bien la première fois qu'un policier lui faisait de telles confidences.

Legrandu passa alors à la seconde phase de cette enquête qui piétinait depuis si longtemps.

Il appela le soir même son pote Jean-Jacques Gribois de l'INPS ( Institut National de la PoliceScientifique)

_ Viens demain avec ton matériel sans faute.
_ ça tombe bien je viens de toucher un nouveau luminol super efficace.
_ Viens avec !
A SUIVRE …