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dimanche 29 mai 2016

MENTEUR XVI



La felouque s'approcha et stoppa à quelques mètres du rivage. Le fond était de sable clair, l'eau d'une absolue limpidité. Le capitaine me tendit une main que je dédaignai, je pris néanmoins la bouteille d'eau que le second m'offrait et je sautais par-dessus le bastingage.  L'eau était fraîche et agréable. Les flots baignaient mon torse. Comme je posais le pied sur la plage déserte, je vis la felouque mettre le cap sur le large.
J'étais dans une complète solitude, dans un monde inconnu, avec un litre d'eau potable. Les pieds nus,  un pantalon usé et une chemise déchirée.



Je m'allongeais sur le sable. En quelques minutes dans la fournaise de cette demi-journée, j'étais sec. J'entrais un peu dans les terres à la recherche de nourriture et d'un abri. Au passage je dérangeais des lézards verts et d'énormes scorpions noirs qui s'assoupissaient sur les rochers.


Il me fut aisé de lancer une grosse pierre sur un lézard. Je le déchirais avec les dents et le mangeais cru. Il était délicieux, avec néanmoins un arrière goût amer. Sur une colline je trouvais un figuier couvert de fruits savoureux.

Le monde était beau. La nuit venue le ciel était palpitant sous la pulsion de galaxies. La solitude eut alors mille vertus. Au moins je n'avais pas été égorgé, pas mangé par les poulpes. Demain il serait temps de trouver un toit, de quoi faire du feu, et une source. Je pouvais dormir repu, nu sur le caillou qui offrait la chaleur du jour sous la voûte céleste. L'air embaumait le thym et la résine.




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