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mardi 24 mai 2016

MENTEUR XIV




Je fus réveillé par un paquet de mer qui bascula par-dessus le bastingage. Le vent s'était levé furieux. La mer s'enfouissait dans des gouffres puis s'élevait sur des cimes. La tempête était arrivée soudainement par l'ouest. La felouque était secouée. Rudoyée.



 Les voiles avaient été amenées et le capitaine avait toute les peines de monde à maintenir son embarcation face à la vague. Le vent tournait sur lui-même et semblait venir des quatre points cardinaux en même temps dans un formidable tumulte. L'eau embarquait à chaque secousse, le second et le mousse écopaient en haletant. L'eau baignait mes mollets.



J'hurlais au capitaine
_ Délivrez- moi, je vais aider à pomper.

Mais la trombe imposait son concert. Je vociférais muettement. Une angoisse affreuse est montée soudain. Je n'avais jamais eu alors vraiment peur. Je veux dire qu'une panique battait mes tempes à grands coups. J'avais bien voulu mourir sous le couteau mais la perspective d'une fin mouillée me dégoûtait, oui c'est cela me dégoûtait. Au moins il y a dans le sang un flamboiement qui claque.
Le tempête monta de deux crans.
Le second passa juste à côté et entendit ma clameur. D'un vif coup de lame il sectionna mes liens et je m'emparai d'un seau.

Le vent monta d'un degré et le mât s'effondra, ouvrant en deux le crâne du mousse.

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