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mercredi 11 mai 2016

MENTEUR VIII



Le mont Athos c'est exactement l'endroit où je devais être dans mon état d'errance morale, face à ce mur qui refusait de se fendre.


Sur les pentes je cherchais le moine, le sage celui qui saurait éclairer ma voie. Accrochés à des pitons les monastères ne manquaient pas. Ils avaient  leurs tourelles, leurs cloches et leurs balcons de bois. Mais dedans ce n'était que grasse noire, remugle mélangé à l'encens, icônes noirs de suie, vieux à barbe, sales et vicieux. Tous des pédés ! Ils ne pensaient qu'à vous basculer derrière les fonts baptismaux. J'ai appris à fuir ces phalanstères déviants. Certes l'homosexualité n'était pas totalement exclue des groupes nazis que j'avais jadis fréquentés, mais je n'y avais jamais goûté, la répulsion était trop puissante. Bref j'abandonnais les lieux habités.


Et me perdais dans les gorges profondes au fond desquelles cascadaient des torrents glacés. J'allais aussi sur les sommets déserts. Un jour, enfin, je le vis. C'était lui !


Il méritait que je lasse ses sandales. Mais ses pieds sentaient forts !


Lorsqu'il me vit il s'immobilisa tout à fait. Il devint un caillou.
_ Est-ce toi Chrysostome ?
En guise de réponse il aboya.

Puis au bout d'un long moment il me demanda si j'avais faim.
_ Oh oui.
Il me fit signe d'attendre et tourna les talons. Je restais là trois jours. Il revint avec une poignée de pois chiches que je dévorais en un instant sous ses yeux incrédules.
Ainsi commença ma nouvelle vie.




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