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dimanche 21 juin 2015

La jouissance du monde 4 (II)













Dans la vallée nous sommes entrés dans un bois de buis. L'air fut soudain chargé de parfum âcre, suave et puissant de ce bois rude et obstiné. Comme le jour déclinait, il fallut bien chercher là un gîte.

Une hutte délabrée, abandonnée, ouvrait sa bouche affreuse en forme de tunnel. Nous y entrâmes après avoir attaché les chevaux à une touffe de chataigniers. Quatre montures, trois robustes et hautes, et la quatrième fine comme une fille, c'était c'était celle de Sophia, un appaloosa très fin, je le savais parce que sur son encolure j'avais tatoué des signes qui racontait cette très brève épopée :" fille Sophia belle morte son cheval". Sophia était représenté par un serpent qui se mordait la queue.


_ Oh putain ! Un cul de loup ! Souffla Amogh
_ Quoi ?
_ Je ne sais pas... J'ai dit un cul de loup comme si cela m'était familier.
_ Comment cela ? Familier ?
_ Je ne sais pas. Je ne sais pas... Un souvenir sans doute … Un souvenir des temps d'avant... Je ne sais pas. Amogh semblait perdu. Je ne sais pas Absalom, cela m'est venu comme un souvenir.
_ Un souvenir ? Mais c'est magnifique, raconte !
_ Pas besoin le souvenir  est là, regarde ! Le reste n'est plus.

Ce qu'il appelait un cul de loup était une sorte de trou dans la terre, une charpente couverte de fougères recouvrait l'excavation. On y accédait par une sorte de tranchée. A l'intérieur dans la semi-obscurité on distinguait des banquettes taillées à même la terre. De la très vieille paille pourrie, et une odeur de gîte avec ses effluves mouillés ( le toit était percé par endroit), un relent de champignon en dessous. Une cheminée d'argile avait été jadis modelée. Amogh sortit, et avec une longue perche détruisit le nid d'une pie qui avait bâtit dans le conduit de terre son propre « cul de loup ». Ce nid était abandonné depuis longtemps comme nous l'étions dans ce monde incompréhensible. Mais l'avait-il jamais été , compréhensible?

Nous nous couchâmes.

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