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mardi 24 mars 2015

Massacre 38



38

Résumé :  Si vous n'avez pas bu depuis le début de cette histoire, il est grand temps, encore quelques événements plus un coup de théâtre, et ce sera trop tard.
 
 Neuf heures du matin. L'inspecteur Legrandu accompagné de son ami Jean-Jacques Gribois de l'INPS ( Institut National de la PoliceScientifique) sonnait au domicile du maire dans le quartier le plus bourgeois de Thouars, rue Camille Pelletan, où de belles demeures surplombent la riante vallée du Thouet. La vue se perd en face sur de moelleuses prairies. Les soirs d'été il fait bon savourer un drink en compagnie des notables, les couchers de soleil y sont somptueux et mériteraient à eux seuls un festival des couchers de soleil. La maison était d'un luxe extrême. Un domestique vint ouvrir et fit patienter les policiers dans un salon aux tapis épais, table de marqueterie, miroirs à facettes,et – faute de goût - la reproduction d'un Dali entouré de quelques trophées de chasse au-dessus d'un profond canapé de cuir.

_ Que me vaut votre matinale visite mes amis ? Demanda le maire en robe de chambre. Je vous prie d'excuser ma mise je suis rentré tard et me suis levé de même. Nous dînions à la sous-préfecture. Laissez moi deviner, vous avez encore des soucis avec ces foutus arabes ?

_ Pas du tout monsieur le maire, répondit Legrandu. Vous avez toujours votre Audi bleue ?

_ Certainement, pourquoi ? Me l'aurait-on volée ? Un noir ? Un Tzigane ?

_ Non, où est-elle ?

_ Mais si elle n'est pas volée, elle est dans sa remise dans ma maison de campagne à Saint-Généroux. Je ne m'en sers plus depuis longtemps.

_ Allons-y !

_ Comment ?

_ Allons-y tout de suite, l'affaire est grave je vous assure !

Inquiet le maire tenta de faire bonne figure.

_ Mais tout de même me direz-vous ?

_ Oui mais seulement en arrivant là-bas. Car j'aurais trop peur d'être ridicule à vos yeux, dit Legrandu avec un air de coupable soumission. Et il servit le mensonge tout chaud. Nous nous demandons si elle n'a pas été volée et si elle n'a pas servi à un braquage sanglant dans le sud de la France. L'immatriculation correspond.

_ Dans ce cas laissez moi un instant, je m'habille.

Tous trois partirent. Tous trois arrivèrent à Saint-Généroux. Hugues Single ouvrit la remise. L'Audi était là. Le policier scientifique ouvrit le coffre, aspergea son luminol et alluma sa lampe. Des traces d'un bleu turquoise apparurent.

_ Du sang pas de doute !

_ Vous êtes en état d'arrestation monsieur le maire, déclara doctement Legrandu en passant les menottes vivement autour des poignets de Single dont la balafre avait soudainement pâli.

Le maire piégé, protesta vainement, menaça, tempêta.

Le policier scientifique fit ses prélèvements. Ils révélèrent que le sang était celui de la fillette, ainsi que trois longs cheveux et un minuscule morceau d'ongle qui provenait de son index droit. Le petit corps de la malheureuse victime martyrisée était toujours à la morgue de l'hôpital, sa mère n'ayant pas les moyens de lui payer des obsèques et refusant l'inhumation publique. Il fut aisé de montrer que ce petit morceau d'ongle appartenait au cadavre .

Dans son bureau Legrandu présenta la situation au maire :
_ Le corps a été transporté dans cette voiture, cette preuve plus le témoignage de Ricardo : il n'en faut pas plus pour vous envoyer aux assises.

Hugues Single resta mutique jusqu'à une déclaration dans la presse qui changea tout.

A SUIVRE...

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