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dimanche 8 mars 2015

massacre 25



25
Résumé : ( gueule de bois).

Comme on imagine le journal se vendit fort bien, on faillit même manquer à la vente. Mais un gros paquet d'exemplaires égarés dans le Cher fut rapatrié dare-dare en Deux-Sèvres.
Le lendemain Ludivine était nommée à la place de Balthazar, elle avait brièvement travaillé à ses côtés et le connaissait peu. Elle occupa le fauteuil de skaï déchiré, poussa les bouteilles vides, les piles de papiers griffonnés, de journaux jaunis,et tenta de faire fonctionner la machine à écrire qui n'avait plus de lettre « Z ». Un soir de biture Balthazar l'avait arrachée en vociférant devant son pote, le dentiste Plouendec Karantec qui riait aux larmes...
Et Balthazar qui gueulait :
_ Appelez-moi désormais Balthââr !
C'était le bon temps...

On a déjà croisé Ludivine ( « Sale Temps Pour Les Clodos », dans « Chroniques Noires à Thouars », Geste éditions) voici son portrait alors qu'elle venait assurer un remplacement pour les congés de Balthazar :
Une fille plutôt maigre, d’une légère rousseur, de grands yeux très clairs. Elle promenait dans son sillage un cortège de tristesse infini, de solitude cruelle. Elle était belle pourtant, mais à l’évidence ses compagnons de passage n’avaient pas su, ou pas voulu, la retenir. A l'époque Balthazar n’avait pas été insensible à sa douceur naturelle, à cette manière qu’elle avait de lever sur lui son regard d’eau fraîche. Mais il était une vieille bête, incapable d’entamer une relation même fugace. Surtout avec une stagiaire ! Il était un vieux sanglier un peu butor. Que le siège, à Tours, lui ait envoyé une fille pour le remplacer c’était, pour lui, inconcevable. La presse locale était, dans son esprit, une affaire brutale, rude, où l’on prenait des coups, où l’on en donnait. Un truc qui imposait des stratégies de combat, de longues heures au bistro, d’épuisantes soirées au bal des commerçants. Tout ça pour glaner une confidence, une de ces infos précieuses, qui bien envoyée s’avérerait dévastatrice. Ces infos-là n’étaient jamais sur l’agenda du député ou dans le discours du maire.
Ludivine se couchait trop tôt pour avoir accès à ces trésors enfouis. Il fallait aller les débusquer à force de patience et de beuveries. Ludivine buvait du lait ! Qui a jamais fait une confidence à quelqu’un qui boit du lait ? 

Désormais Ludivine était seule au poste, il lui faudrait faire face à tous les grincheux, elle en soupirait de lassitude et d'avance.

Justement Karantec entrait dans la rédaction, il était furieux !


A SUIVRE

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