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lundi 16 mars 2015

Massacre 33



Il y a eu embrouille dans le numérotage, le n° 31 manquait hier,  ( c'est dommage parce que c'était un coup de théâtre) il est revenu à sa place entre 30 et 32 il suffit d'aller le lire sur le site du blog : http://sapristi-balthazar.blogspot.fr/





33

Résumé : moi, personnellement je m'en fous que vous ne la signiez pas cette pétition, je la connais, moi, la fin de cette palpitante histoire
.


Louis Grandclerc parla presque à voix basse comme si quelqu'un d'autre pouvait l'entendre. Comme s'il allait révéler un secret.

_ Nous allons avoir de la visite. J'ai enfin mis la main sur mon ami Luigi. Il passera ce soir. Il a des choses à nous dire à tous les deux. Et je crois que cela sera bougrement intéressant.

Le soir enfin arriva après une longue méditation sur la Patagonie, la lecture de quelques poémes de Baudelaire, et un ennui terrassant.

_Je vous présente Luigi. Vous pouvez lui faire confiance. Lui c'est moi, nous avons tout partagé dans les camps nazis, dit Louis en dégageant le passage.

Luigi était un petit homme noueux, vif, nerveux, le poil noir, la peau brune et ridée, deux yeux sombres qui firent le tour de la pièce en un instant.

_ Pas changé ici. A part l'odeur ! Ça pue maintenant ! Ça sent la chambrée ! Alors c'est vous le journaleux? Salut et fraternité. J'aime bien ici, je suis venu jouer de la guitare pour une fille qui s'ennuyait et sentait bon. Où est-elle aujourd'hui ? Dieu seul le sait. Bon... On peut boire un verre quand même ?

Louis qui n'était pas venu les mains vides, servit trois verres de Duhomard ( l'apéro de Thouars en vente partout en ville).

_ Toi, mon frère Louis j'ai un truc à te dire, je ne sais pas bien si cela va te faire plaisir. Tu te souviens de ton voisin cramé dans sa maison ? Bon... C'est moi qui suis venu foutre le feu. Je sais comment faire pour que cela semble accidentel, ce n'est pas si dur, il faut juste s'y connaître un peu en électricité. Bref. Un jour que je passais pour proposer de vider les caves et chiner ensuite ce qui peut l'être, j'ai sonné chez ce fumier. Il m'a fait entrer dans le vestibule, et là j'ai vu un cadre. On voyait cette saloperie en uniforme de milicien, c'est à lui que je dois mon séjour en camp. D'abord Montreuil-Bellay et puis ensuite comme je m'étais évadé : Buchenwald comme tu sais. Voilà tu dois savoir que c'est moi l'incendiaire. Et je te le dis je ne le regrette pas.

Louis sourit et raconta à Luigi l'histoire du cadre sauvé des flammes et sa joie en apprenant la mort du collabo.

_ Mais je ne savais pas que c'était à cette ordure que tu devais ta déportation toi aussi. Trinquons !

_ Bon la suite, poursuivit Luigi. Je suis bien placé pour me plaindre de ce salaud d'Ichon, de son pote ce dégueulasse de maire Hugues Single, et aussi de leur complice ce René Fit le conseiller général. Bref. Ces trois là nous mènent la vie dure. Impossible de rester une nuit dans le coin, ils envoient les flics nous chasser, et quand ce ne sont pas les flics se sont des milices de commerçants avec des chiens.

Il tendit son verre qui fut rempli, les deux autres aussi.

Luigi poursuivit :

_ Maintenant venons-en au fait.Vous ne connaissez pas mon neveu Rodrigo, mais lui il sait quelque chose sur vous.


A SUIVRE...

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