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mercredi 19 août 2015

La jouissance du monde 39 (II)







J'avançais dans les fougères coupantes insensible à leurs estafilades. J'avais les jambes en sang. Et ces souvenirs stupides qui arrivaient en vrac me faisaient rire parfois, ou bien m'attristaient, ou bien me laissaient vide ... alors je ne savais qu'en faire. Ces bribes de vie m'appartenaient-elles ? Ou bien étaient elles comme ces parasites si fidèles qu'ils s'installent sous la peau et d'une certaine manière font partie de vous. J'adoptais volontiers toutes les réminiscences, j'en avais été privé si longtemps. Je les voyais passer et je m'en délectais de toute façon. On peut aimer avoir du vague à l'âme, je découvrais cela aussi.

Les images allaient leur train :

Mots de passe niais « la lune est pleine sous les nuages ».
Le hic et nunc... Peut-être.
Des cases ténébreuses des mots croisés vulgaires.
Une sculpture de Sébastien Touret.
« Et encore du vent ».
Une nuit d'orage sur la route heureuse toute droite et les éclairs vifs à l'horizontal.
Le festin ancien.
Un air de banjo.
La besogne ordinaire.

Taedium vitae, comme mon père se retournait et s'endormait... je m'éveillai.
Des ivresses anciennes.
Ravenel est un con.
Il n'en peut mais.
Parousie.

Et tant d'énigmes ...
Cela dura plusieurs jours d'extase. Puis je croisais de nouveau le signe

Cette fois-ci des traces fraîches avaient été laissées. Imprudemment ! Jamais je n'aurais commis pareil imprudence et Amogh encore moins ! Comme si celui qui avait laissé le signe ne redoutait rien. Comme s'il ne craignait pas les hommes bleus. C'était comme une invitation.

J'ai suivi ses pas. Il allait pied nu. J'étais intrigué par le rythme bizarre de ses empreintes parfois serrées parfois éloignées d'un bond. 

Il me fallut longtemps avant de comprendre : 
il dansait !

(A suivre lundi)


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