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mercredi 13 janvier 2016

Conte express : le colonel Robert Mescouilles ( 1 er épisode)

Certes, son nom dans les chambrées, faisait ricaner : colonel Robert Mescouilles
Dessin Louie Travis.

Mais sa tépidité n'était que de façade. Son air était stupide : il l'était. Sa  trogne était alcoolique : il l'était. Sa lippe était veule : il l'était. Mais il n'était pas mou ! Il n'avait pas son pareil pour faire régner la terreur à l'heure de la revue de paquetage. A-t-on vu exercice plus stupide que ce fleuron de l'armée française ? Quand un officier vient inspecter les armoires avec cet air rogue si caractéristique des lâches imbus et des nuls galonnés. Donc Robert Mescouilles excellait dans cet art qui consiste à tâter le caleçon à angle droit et la fourragère alignée sur le montant du casier métallique. La bêtise militaire touche alors à des sommets, où il est vrai, l'oxygène manque.
Un jour il trouva sous le béret du soldat la photo d'une fiancée. 
"Pas réglementaire" hurla-t-il ; et il déchira le doux visage avant de mettre à bas tout le linge avec une rage contenue.
Le soldat pleura, c'était la seule photo de sa fiancée qu'il possédait : une belle jeune fille morte un mois plutôt de phtisie. Une photo pour laquelle elle s'était endettée (elle repassait 12 h par jour des uniformes), car à cette époque un cliché valait fortune.
Heureusement le soldat enfonça sa baïonnette dans le cou l'officier, cela se passa dans une obscure tranchée, un an plus tard, dans les craies de Champagne. Robert Mescouilles fut décoré, on estima qu'il avait été victime d'un égorgeur boche égaré dans une sente ennemie. Je crois bien que sa ville natale a baptisé de ce nom une impasse derrière l'abattoir municipal.

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