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lundi 25 juillet 2016

Un prénom de fleur (1)




Run Run est parti pour le nord

Dans une voiture de l'oubli,
Avant l'aube,
D'une saison du temps,
Décidé à roder
Run Run est parti pour le nord,
Je ne sais pas quand il viendra.
Il viendra pour l'anniversaire
De notre solitude.

Au bout de quatre jours, lettre
Avec des paroles de chorale,
Il me dit que son voyage
Se prolonge encore et encore,
Il part d'Antofagasta
Sans donner signe,
Et raconte une aventure
Que je passe mon temps à épeler
Ah, pauvre de moi.

Au milieu d'une foule
Qu'il a dû affronter,
Un changement à cause
De dernier ouragan,
Sur un pont cassé
Près de Vallenar,
Avec une croix sur l'épaule
Run Run a dû traverser.

Run Run a continué son voyage
Il est arrivé au Tamarugal.
Assis sur une pierre
Il s'est mis à divaguer,
Que si cela, si l'autre,
Que jamais, que d'ailleurs,
Que la vie est un mensonge
Que la mort est la vérité
Ah, pauvre de moi.

Le truc c'est qu'il s'est mis
A transporter une sacoche,
Il en a sorti du papier et de l'encre,
Un souvenir, peut-être,
Sans peine ni joie,
Sans gloire ni pité,
Sans rage ni amertume,
Sans fiel ni liberté,

Vide comme le vide
Du monde terrestre
Run Run a envoyé sa lettre
Pour ne plus l'envoyer.
Run Run est parti pour le nord
Je suis restée au sud,
Au milieu, il y a un abîme
Sans musique ni lumière
Ah, pauvre de moi.

Le calendrier lâche
A cause des roues du train
Les chiffres de l'année
Sur le fil du rail.
Les outils tournent davantage,
Il y a davantage de nuages dans le mois,
Les rails sont plus longs,
L'après est plus aigre.

Run Run est parti pour le nord
Que peut-on y faire,
C'est la vie, alors,
Épines d’Israël,
Amour crucifié,
Couronne du dédain,
Les clous du martyre,
Le vinaigre et le fiel
Ah, pauvre de moi.

1 commentaire:

  1. Ah quel plaisir d'écouter du Violeta Parra sur le blog ! Ça rappelle le Chili :)

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