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dimanche 10 juillet 2016

Oiron l'allée qui conduit ailleurs




La grande allée qui mène au château de Oiron est composée de morceaux de vies broyées. C'est Cyprien Gaillard, qui a répandu ce béton concassé. Un gravier contemporain produit après la démolition d'une tour d'habitation d'Issy-les-Moulineaux. On marche sur des éclats de ciment peint, des bouts de câbles électriques, tout un assemblage inerte et pourtant imprégné des souvenirs de ceux qui ont vécu là. Mémoires d'étreintes et de drames, de scènes de ménage et de réconciliations, témoins ordinaires de vies mornes, et laborieuses aussi. Quand on y pense, on peut être bouleversé. L'art contemporain, dans ses errements rogues, a rarement trouvé une manière aussi brutale et aussi vive de nous empoigner le coeur.

Voilà qui fait penser aux papiers imprimés des livres, au XVIIe et XVIIIe siècle. On peut y découvrir sur la page des morceaux de jupon! Jadis les chiffonniers alimentaient les papeteries, et la Bourgogne était réputée pour la qualité de ses haillons.

Sous la phrase, une fibre de cotillon.

C'est la même émotion qui surgit.

Celle des traces humbles et anonymes.

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