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mercredi 18 janvier 2017

Ce que raconte ce tableau

Avec cette musique :






Ce tableau de Valérie Gavaud j'en suis désormais le dépositaire provisoire. Il fera son chemin plus tard avec d'autres regardeurs. Cela ne fait guère de doute.

Ce tableau n'a pas de nom, alors je l'ai baptisé "sentinelle".

Qui connaît  l'absolue solitude de la sentinelle "oisive qui tue les  oiseaux" comme dit le poète? La sentinelle s'ennuie et regarde à ses pieds les fourmis devant la guérite. Qui connaît l'absolue solitude des sentinelles ? Elle est là, devant ce paysage qui fait le tour de sa tête. La sentinelle plonge dans les dunes et rebondit de l'une à l'autre jusqu'au bout, tout là bas où la lumière s'allume. 
Mais cela ne suffit pas. Des épines l'escortent en chemin (on les voit bien au premier plan).
Elle n'est rien d'autre la sentinelle que ce bout de veille. 
Sans elle pas de tableau. Sans elle la guerre s'ennuie.



Partie II

La sentinelle est sur le bord de la mer, mais elle a tourné le dos à l'armada qui arrive ; elle regarde la terre. Il n'y a pas d'oiseau sur le tableau, mais on voit leur trace dans le ciel.
A gauche une haie pleine de papiers sales et à droite des touffes d'herbe lasses, qui vivent par habitude sous le vent, La sentinelle se reconnaît en elles.  
Son regard court tout là bas où la lumière s'allume. Peut-être que, derrière, sur la plage, des armées débarquent et vont saigner ceux qui habitent au fond du tableau où il fait beau.



                                                                           Partie III


Le ciel mange presque la moitié du tableau. Mais le ciel c'est aussi le paysage,  Un nuage est aussi fort qu'une dune. Le tableau dit cela, non... il dit l'inverse : la dune est aussi forte qu'un nuage.
Là-bas au fond, il fait beau, mais c'est triste, on n'a pas envie d'y être. J'aime mieux le sombre à droite qui salue amicalement la fine lumière, qui, en haut à gauche, comme une lame, annonce des joies.

                                                                          Partie IV

Ce tableau est une demi-seconde. Dans un instant la sentinelle va tourner les talons avant de donner (trop tard) l'alerte.
C'est encore la paix.

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