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mercredi 6 avril 2016

Gens debout




Dans "Libération" :  

Qui sont les manifestants ?
Ils ont décidé de ne pas rentrer chez eux malgré la pluie. Jeudi dernier, les manifestants contre la loi Travail ont occupé la place de la République. Grâce au bouche-à-oreille et aux réseaux sociaux, le rassemblement mobilise près d'un millier de personnes. Lycéens, étudiants, chômeurs, artisans…, la foule est hétéroclite. Aucun parti, aucun drapeau et aucune association (hormis Droit au logement) n’est publiquement revendiquée, même si chacun vient avec son parcours et ses sensibilités. À l’origine de rassemblement : le collectif Convergence des luttes «composé d’intermittents, de syndicalistes et de citoyens engagés» selon son site internet. Le journal Fakir est aussi à l’œuvre dans cette mobilisation, notamment son patron François Ruffin, réalisateur du film Merci patron, diffusé vendredi sur la place.
Quels sont leurs objectifs ?
Au-delà de la loi travail, ce «mouvement du 32 mars» compte bien s’implanter comme une force politique hors des schémas institutionnels. «Cette loi n’est qu’une branche d’un arbre immense qu’il faut abattre», résume un manifestant. Aucun chef n'impose sa loi. En s’inscrivant comme une alternative au système libéral, le mouvement veut expérimenter une démocratie directe et participative. Les propositions sont variées et touchent tous les domaines de la société (agriculture, économie, social etc.). Les «Nuit Deboutistes» voient grand et ne s’imposent aucune limite dans leur volonté de «changer le système».
Comment s’organisent-ils ?
Différentes commissions structurent le mouvement. Les réunions sont publiques et chacun est libre d’y apporter ses suggestions. Un modérateur répartit le temps de parole des intervenants dont les propositions sont votées à main levée. La commission «action» organise les initiatives concrètes à l’intérieur, comme à l’extérieur du mouvement. Une section «médias» coordonne la communication pendant que le pôle «logistique» orchestre l’occupation de la place. Les divers événements (concert de rap, chorales, peintures etc...) sont gérés par la commission «animation». Pour empêcher les débordements, un service d’ordre bien huilé s’harmonise autour du pôle «maintien de la sérénité». La démocratie directe étant le leitmotiv du mouvement, la commission «assemblée citoyenne» organise les débats en s’inspirant du mouvement des indignés en Espagne.
Comment les décisions sont-elles adoptées ?
Des assemblées générales rapportent les comptes rendus des commissions à la foule. Cette dernière les adopte en levant les bras en signe d’approbation. Des signes de mains permettent d’organiser le débat. Résultat : les manifestants peuvent réclamer une traduction, signifier aux orateurs qu'ils font trop long, ou manifester leur mécontentement dans le calme. Le rapport des commissions terminé, tout un chacun est libre de prendre le micro à tour de rôle. On y exprime ses opinions ou propose des actions hors du cadre des commissions. Ces suggestions sont votées à la majorité et notées dans un registre. Régulièrement, les modérateurs font le bilan des actions et des propositions. En commission comme en assemblée générale, la foule garde le dernier mot.
Que comptent-ils faire ?
A ce stade, les actions concrètes sont encore discutées en assemblées générales. Impossible d’affirmer avec certitude les actions à venir, même si les projets ne manquent pas. Certains veulent recouvrir les monuments de Paris avec le portrait de personnes licenciées pour «donner un visage au chômage». Des «gangs de clowns» seraient formés pour occuper le terrain, faire du bruit et mobiliser les passants. Des médias, partis politiques, ou institutions pourraient faire l’objet d’un ciblage des manifestants. Alors que le mouvement s’étend dans les principales villes françaises, les «Nuits Deboutistes» rassemblent de plus en plus d’internautes sur les réseaux sociaux. Plutôt que de dormir à poings fermés, les manifestants sont bien décidés à les lever bien haut jusqu’au bout de la nuit, et des prochaines.

1 commentaire:

  1. Merci pour ce résumé clair et précis de ce mouvement spontané qui s'intensifie et gagne d'autres villes. Quand Balthazar devient sérieux...c'est un signe ...peut-être !
    Continuez...sur tous les tons ...j'♥

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