jeudi 4 mai 2017

je le fais avec de la semoule, mais on peut le faire avec d'autres choses

L'élu(e) le sera sur la base des votes exprimés, le vote exprimé ne tient pas compte du blanc ni du nul. Le blanc est compté mais il ne compte pas. Pourquoi ? Parce qu'il est la vraie menace des "élu(e)s" qui en ont peur.


mardi 2 mai 2017

Un pays sans imagination

                                   
Wilfrid CRU chef du gouvernement ( dessins de Louie Travis)


Dans cette contrée menée de main de fer par une sorte de satrapie, l'imagination avait été totalement éradiquée. La vie allait son chemin sans surprise, chaque jour était l'exacte répétition du précédent. Chacun effectuait sa tâche sans joie ni tristesse, immuablement. Le bonheur s'était asséché en quelques mois et avec lui l'amour. Certes on faisait des enfants mais pas pur réflexe, peu importait le, la, partenaire. La morale elle-même s'était effilochée jusqu'à être oubliée. On copulait dès que le jeune homme ou la jeune fille était en âge de reproduire et il n'était pas rare de voir de jeunes éphèbes chevaucher des grands-mères édentées... en vain.
Dans ce pays on se couchait tôt et on se levait de même. On avalait une bouillie d'avoine, toujours la même. A midi on croquait dans des tartines, toujours les mêmes. Et le soir après l'éternelle soupe au poireau on mâchait une cuisse de poulet. 
La vie n'était pas rude, elle était vide. Et savez-vous que le plus dur était de trouver un nom aux rues. Les édiles se creusaient la tête. Il y avait bien eu la rue "A" puis "B" et "C", mais après "Z" ? que faire quand l'imagination n'est plus ? On entama alors l'infinie litanie des chiffres.
Plus personne n'avait peur de la mort ... en réalité ... un jour, le peuple s'aperçut qu'il n'avait plus peur de la mort, il ne redoutait ni l'enfer et n'enviait pas le paradis dont il n'avait aucune idée. Alors les gens se jetèrent par millier du haut des falaises. Comme ça pour faire comme les autres.


Depuis cette région déserte est devenue fort belle et paisible. Finalement c'était mieux comme ça.
Voilà c'est tout.



Rigolo 14 par HuskMitNavn (« Souviens-toi de mon nom » en danois)


lundi 1 mai 2017

Blablabla mais sérieux quand même



Clément Laigle expose des boites dans la chapelle Jeanne d'Arc à Thouars ( jusqu'au 28 mai). Eva Prouteau au fil de deux feuillets de la même encre explique : " car si sa pratique est certes formaliste, empreinte d'un puissant vocabulaire moderniste et minimal, elle est aussi très liée au développement des cultural studies dans le sens ou elle explore la connotation des représentations, et des émotions, que les objets suscitent selon le contexte culturel."
Mouais...
Ne serait-il pas plus juste de dire que selon  moi : dans le contexte intrinsèque d'une expression chargée et cadenassée, la représentativité ludique et néanmoins spirituelle suscite un choc manufacturé et frotté aux croyances les plus brutales d'un univers virevoltant dans son absurdité.
...
Je vous laisse juge.

Hi ha hooooo


dimanche 30 avril 2017

La tête ailleurs


Robert était toujours dans la lune. Alors, bien sûr, ses études furent catastrophiques, sauf en poésie. Mais que faire avec un 1,5 en mathématiques et un 18 en poésie ? Le monde est mal fait pour les lunaires. A l'armée, il passa son temps au gnouf ; motif : "a oublié son fusil sur le pas de tir "; motif :" a enduit une grenade de graisse au lieu de la culasse ..."
Rendu à la vie civile il croisa la route de Simone, une secrétaire bien plantée sur ses pieds. Elle n'était pas jolie, mais lui ne la voyait pas. Elle lui mit le grappin dessus. Il  dit "oui" au maire, mais il aurait pu tout aussi bien répondre " haricot vert" ou "un noyé pensif parfois descend".
Simone prit la vie lunaire de Robert en main. Elle enferma sa tête dans une maison dont les fenêtres était occultées par des volets. Il ne pouvait correspondre que par la porte. Sa vie changea. Plus de distraction, plus de lune. Il fit une belle carrière de sous-secrétaire aux affaires du contentieux général maritime. Quand il mourut on releva la petite boite aux lettres qui ornait le balcon de la maisonde sa tête... Elle était vide. Ah si ! il y avait une vieille liste de course que Simone avait glissé là il y a longtemps. Du temps où l'on buvait encore de la chicorée.
Voilà c'est tout.