jeudi 19 mars 2015
mercredi 18 mars 2015
massacre 35
Musique d'ambiance ici : https://www.youtube.com/watch?v=JlePHuwPcmw
35
Résumé : On a bu un alcool de Pascal Gabilly, il travaille à Massais, ça vaut le coup d'aller le voir !
Le temps passa mollement. Ludivine qui n'avait jamais été une bonne journaliste devint tout à fait fade, inodore, incolore et sans saveur. Sa rubrique lui ressemblait. Et en plus comme elle n'avait pas d'amant, pas même un coup d'un soir, elle se fanait. Sa rubrique aussi. Il est curieux de constater que souvent, comme le vin ressemble au vigneron, une rubrique de journal ressemble à son journaliste. Imaginez un franc buveur, joyeux, rieur et moqueur ; sa rubrique sera vive, un peu hasardeuse parfois, impertinente souvent. Imaginez un journaliste retors et aigre sa rubrique sera tordue et un peu rance. Donc Ludivine agissait sans envie, sans imagination. Elle fermait tôt la rédaction, quittait vite les vins d'honneur, on n'avait jamais vu cela à Thouars de mémoire de Thouarsais. Et les gens passèrent à autre chose. Ils s'habituèrent à cette glaciation, en se disant que Balthazar exagérait certes, mais que de son temps c'était quand même autre chose. N'empêche violer une gosse et l'achever à coups de couteau il fallait être un monstre. Un monstre que personne n'avait vu grandir à côté de soi. Et ce reproche chacun préférait l'enfouir au plus profond de son âme en se disant que d'une certaine manière ce journaliste n'avait jamais été bien clair. D'où venait-il d'ailleurs ? Personne ne le savait ? Avait-il seulement jamais eu une famille ? Et surtout où avait-il filé ? Sa fuite était bien la preuve de son crime. A tout prendre il valait mieux un journaliste moutonnier à un journaliste prédateur. La mode, en plus, était à ce style de presse dont le mot d'ordre était : pas de vague ! Que les élus soient contents et que les annonceurs soient heureux ! Les lecteurs mangeront bien la soupe qui leur sera servie du moment que la rubrique des faits divers soient bien garnies. Et elle l'était avec la bande Ichon, Single et Fit à la barre. Pas un vol de poule sans une mention et un communiqué sur ces tziganes qui vivent de rapine. Pas un vol de mobylette sans une diatribe contre les immigrés qui préfèrent trafiquer que travailler. Bon arrêtons-là, rien que d'écrire ces choses la nausée monte.
Balthazar attendait comme un rat et le poème de Baudelaire même ne parvenait plus à le sortir de sa torpeur :
Enivrez-vous
« Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous! (…) il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise. »
Le temps justement était devenu un infernal fardeau.
Un soir Luigi qui était de visite annonça :
A SUIVRE KUNDI... non MUNDI... non LUNDI !
Balthazar attendait comme un rat et le poème de Baudelaire même ne parvenait plus à le sortir de sa torpeur :
Enivrez-vous
« Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous! (…) il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise. »
Le temps justement était devenu un infernal fardeau.
Un soir Luigi qui était de visite annonça :
A SUIVRE KUNDI... non MUNDI... non LUNDI !
mardi 17 mars 2015
Massacre 34
Musique d'ambiance ici : https://www.youtube.com/watch?v=ZnFtLjQ_rr8
34
Résumé : Hein ? Quoi ?
_ Rodrigo était de passage dans notre campement quand nous avons été délogés par la milice de Thouars. Putain ! l'histoire recommence ! On chasse le gitans désormais ! Bref. A la tête de cette équipe habillée de noir, (ça ne s'invente pas), armée de battes de baseball et de matraques électriques, qui tenait en laisse des dogues hurlant, à la tête de cette triste équipe : Hugues Single. Le maire en personne avec sa gueule de faux derche et sa cicatrice sur la tronche. Il semblait prendre un plaisir fou à épouvanter les gosses. Nous avons plié bagages en vitesse. Rodrigo s'est interposé. Il s'est placé bien devant le maire et il a commencé à déclamer la déclaration des droits de l'homme. Il n'avait pas entamé le deuxième article qu'il s'est pris un coup dans le ventre. Il a tenté de lever la main. Mais il n'a pas eu le temps. Il a été passé à tabac. Sa mère l'a récupéré de justesse. Comme on le portait dans sa caravane il m'a dit dans un souffle : « ce salaud de maire je l'ai reconnu et j'en sais long sur lui... Le journaliste qui est dans la merde serait bien intéressé... Set piss talisa mon tonton » ( ce qui veut dire au-revoir mon tonton, en gitan ; car non seulement chère lectrice et cher lecteur inconnus vous en apprenez beaucoup sur les usages de la presse et des élus dans ce livre, mais en plus vous vous initiez aux langues essentielles, celles qui permettent de voyager et dans quelques instants vous saurez tout du braconnage).
_ Bref poursuivit Luigi Rodrigo est parti, depuis je ne l'ai pas vu. Mais, à part vous comme journaliste dans la merde, je ne vois pas à qui pouvait faire allusion mon neveu.
_ C'est bien gentil, mais, excusez moi, cela ne me sort pas vraiment de mon infernale situation !
_ C'est vrai gadjo, mais je le verrai bien un de ces jours Rodrigo et on saura alors ce qu'il a voulu dire.
_ Hum... Mais quand ?
_ Ah ça ! Ça peut demander quelques mois, après le pélerinage à Sainte-Marie de la Mer et un long détour par la Sologne.
_ La Sologne ? Pourquoi la Sologne ?
Louis et Luigi échangèrent un sourire de connivence.
_ Avez-vous aimé le civet de lièvre d'hier Balthazar ? Demanda Louis.
_ Il était fameux !
_ Hé bien c'est un lièvre braconné en Sologne par Rodrigo l'an dernier, offert par Luigi, cuisiné et mis en conserve par moi.
Rodrigo était un expert en la matière. Il était la terreur des garde chasse. Tireur d'élite, il était aussi un redoutable collecteur de garennes. Pour cela il tendait un câble sous son auto et filait sur les départements entre Dhuizon, Bracieux et Salbris. Il ne lui fallait pas longtemps pour remplir son coffre. Sa famille était nombreuse et ses amis multiples. Les nuits noires il chassait aussi avec un phare très puissant, les yeux des animaux brillaient dans la nuit comme des cibles faciles ( c'est d'ailleurs de cette façon que se pratiquent les comptages). Parfois aussi il attachait solidement un fusil à canon scié sur le passage du gros gibier et tendait une ficelle en travers de la sente, accrochée à la détente de l'arme, redoutable technique ! Rodrigo et ses amis surveillaient aussi les pêches d'étang et venaient la nuit vidanger totalement les pièces d'eau déjà partiellement vidées. Au matin il ne restait guère de poisson et plus d'eau du tout. Bref le braconnage est tout un art interdit.
La soirée s'acheva sur des airs de flamenco. Luigi possédait un style très fin et fleuri comme celui de l'immense Sabicas. Et l'on bu jusque fort dans la nuit, une gnôle rugueuse et fluide avec une saveur de grappa : un alcool distillé par Pascal Gabilly à partir des moûts de Nicolas Reau.
A SUIVRE...
lundi 16 mars 2015
Massacre 33
Il y a eu embrouille dans le numérotage, le n° 31 manquait hier, ( c'est dommage parce que c'était un coup de théâtre) il est revenu à sa place entre 30 et 32 il suffit d'aller le lire sur le site du blog : http://sapristi-balthazar.blogspot.fr/
Musique d'ambiance ici : https://www.youtube.com/watch?v=f2VROY01EAg
33
Résumé : moi, personnellement je m'en fous que vous ne la signiez pas cette pétition, je la connais, moi, la fin de cette palpitante histoire.
Louis Grandclerc parla presque à voix basse comme si quelqu'un d'autre pouvait l'entendre. Comme s'il allait révéler un secret.
_ Nous allons avoir de la visite. J'ai enfin mis la main sur mon ami Luigi. Il passera ce soir. Il a des choses à nous dire à tous les deux. Et je crois que cela sera bougrement intéressant.
Le soir enfin arriva après une longue méditation sur la Patagonie, la lecture de quelques poémes de Baudelaire, et un ennui terrassant.
_Je vous présente Luigi. Vous pouvez lui faire confiance. Lui c'est moi, nous avons tout partagé dans les camps nazis, dit Louis en dégageant le passage.
Luigi était un petit homme noueux, vif, nerveux, le poil noir, la peau brune et ridée, deux yeux sombres qui firent le tour de la pièce en un instant.
_ Pas changé ici. A part l'odeur ! Ça pue maintenant ! Ça sent la chambrée ! Alors c'est vous le journaleux? Salut et fraternité. J'aime bien ici, je suis venu jouer de la guitare pour une fille qui s'ennuyait et sentait bon. Où est-elle aujourd'hui ? Dieu seul le sait. Bon... On peut boire un verre quand même ?
Louis qui n'était pas venu les mains vides, servit trois verres de Duhomard ( l'apéro de Thouars en vente partout en ville).
_ Toi, mon frère Louis j'ai un truc à te dire, je ne sais pas bien si cela va te faire plaisir. Tu te souviens de ton voisin cramé dans sa maison ? Bon... C'est moi qui suis venu foutre le feu. Je sais comment faire pour que cela semble accidentel, ce n'est pas si dur, il faut juste s'y connaître un peu en électricité. Bref. Un jour que je passais pour proposer de vider les caves et chiner ensuite ce qui peut l'être, j'ai sonné chez ce fumier. Il m'a fait entrer dans le vestibule, et là j'ai vu un cadre. On voyait cette saloperie en uniforme de milicien, c'est à lui que je dois mon séjour en camp. D'abord Montreuil-Bellay et puis ensuite comme je m'étais évadé : Buchenwald comme tu sais. Voilà tu dois savoir que c'est moi l'incendiaire. Et je te le dis je ne le regrette pas.
Louis sourit et raconta à Luigi l'histoire du cadre sauvé des flammes et sa joie en apprenant la mort du collabo.
_ Mais je ne savais pas que c'était à cette ordure que tu devais ta déportation toi aussi. Trinquons !
_ Bon la suite, poursuivit Luigi. Je suis bien placé pour me plaindre de ce salaud d'Ichon, de son pote ce dégueulasse de maire Hugues Single, et aussi de leur complice ce René Fit le conseiller général. Bref. Ces trois là nous mènent la vie dure. Impossible de rester une nuit dans le coin, ils envoient les flics nous chasser, et quand ce ne sont pas les flics se sont des milices de commerçants avec des chiens.
Il tendit son verre qui fut rempli, les deux autres aussi.
Luigi poursuivit :
_ Maintenant venons-en au fait.Vous ne connaissez pas mon neveu Rodrigo, mais lui il sait quelque chose sur vous.
A SUIVRE...
dimanche 15 mars 2015
massacre 32
Musique d'ambiance ici : https://www.youtube.com/watch?v=VBf0mDYgMKY
32
Résumé : Je n'ai toujours pas reçu le moindre retour de cette pétition ! Je vous préviens, il n'est pas certain, si les choses vont ce train, que vous ayez la fin de cette passionnante histoire.
Louis Grandclerc arriva à cet instant. Il comprit tout de suite en voyant Balthazar très ému, assis sur le lit, une lettre parfumée dans les mains.
_ Ah je me doutais bien que vous fouilleriez dans mes affaires. Vous êtes journaliste, donc curieux en dépit d'un fin vernis d'éducation. Mais je ne vous en veux pas. Si j'ai laissé ici ces cartons, avec au fond de l'un d'eux cette lettre, c'était bien pour que vous la trouviez. Je me dis même que vous avez mis bien du temps.
_ Mais alors ?
_ Oui mon vieux Carlota est vivante, elle est en Patagonie. Elle a habité ici dans cette chambre plusieurs mois avant qu'on trouve le moyen de lui fournir un billet sur un cargo transporteur de bois. Cap sur le Brésil, et ensuite...
_ Attendez... Attendez... vous dites « on ».
_ Vous imaginez bien que je ne suis pas si seul Balthazar ? Vous n'êtes pas naïf à ce point quand même !
_ Attendez... Attendez... Une organisation ? Une organisation anarchiste ?
_ Vous n'avez pas besoin de savoir.
_ Attendez... Attendez... Carlota ne pas être vivante ! J'étais là ! Elle a abattu plusieurs patrons au hasard à Thouars, elle était plus efficace que les syndicats, elle a été traquée, elle s'est réfugiée dans un immeuble abandonné, avant que l'assaut ne soit donné tout a explosé, tout a brûlé ! On a même trouvé des ossements de femmes dans les décombres ! C'est impossible !
_ Ah je me doutais bien que vous fouilleriez dans mes affaires. Vous êtes journaliste, donc curieux en dépit d'un fin vernis d'éducation. Mais je ne vous en veux pas. Si j'ai laissé ici ces cartons, avec au fond de l'un d'eux cette lettre, c'était bien pour que vous la trouviez. Je me dis même que vous avez mis bien du temps.
_ Mais alors ?
_ Oui mon vieux Carlota est vivante, elle est en Patagonie. Elle a habité ici dans cette chambre plusieurs mois avant qu'on trouve le moyen de lui fournir un billet sur un cargo transporteur de bois. Cap sur le Brésil, et ensuite...
_ Attendez... Attendez... vous dites « on ».
_ Vous imaginez bien que je ne suis pas si seul Balthazar ? Vous n'êtes pas naïf à ce point quand même !
_ Attendez... Attendez... Une organisation ? Une organisation anarchiste ?
_ Vous n'avez pas besoin de savoir.
_ Attendez... Attendez... Carlota ne pas être vivante ! J'étais là ! Elle a abattu plusieurs patrons au hasard à Thouars, elle était plus efficace que les syndicats, elle a été traquée, elle s'est réfugiée dans un immeuble abandonné, avant que l'assaut ne soit donné tout a explosé, tout a brûlé ! On a même trouvé des ossements de femmes dans les décombres ! C'est impossible !
_ Homme de peu de foi ! Carlota avait préparé cette sortie. Un ami fossoyeur lui a fourni deux tibias humains récupérés lors de l'exhumation d'un tombe abandonnée. Quand, dans l'immeuble, où elle s'était réfugiée, la situation est devenue intenable, elle a allumé les mèches des explosifs et s'est éclipsée par un égoût. Hélas le passage était trop étroit pour son chien qui est mort là. Elle a sonné à ma porte vingt minutes plus tard. Avez-vous remarqué que son délicieux parfum est encore présent dans cette pièce. Quand je suis triste, il m'arrive de descendre ici et de rester un moment. Avez-vous remarqué aussi que sur le planisphère ici collé, une punaise indique la Patagonie. Connaissez vous ce beau vers de Blaise Cendrars : « il n'y a que la Patagonie qui convienne à mon immense tristesse ...» ?
_ « ... La patagonie, ou un voyage dans les mers du sud ! » compléta Balthazar.
_ Oui, ou les mers du sud reprit pensif Louis Grandclerc.
Ils restèrent tous les deux pensifs un moment et soudain Louis sourit
_Ah mais j'ai peut-être une bonne nouvelle. Enfin... une nouvelle pas mauvaise.
A SUIVRE...
massacre 31
musique d'ambiance ici : https://www.youtube.com/watch?v=LsFw8Pp-85o
Résumé : écarter la tisane, elle est comme l'eau, elle fait écrire mou.
_ Cher Louis, cher ami,ainsi débutait la lettre, je suis bien arrivée à destination. Le voyage a été long et la mer n'a pas été toujours d'huile.
Comment allez-vous mon ami ? Bien j'espère. J'ai trouvé ici un travail, je garde un troupeau de chèvres, c'est pittoresque. Autour de moi les montagnes sont belles à hurler. Mais il pleut beaucoup ici. On n' étouffe pas, entre 0 et 15 °. On se chauffe au bois de cyprés, la maison embaume. Cela vous enchanterez j'en suis sûre.
Les gens qui habitaient là jadis s'appelaient les Alakalufs, c'est un joli nom, n'est-ce pas ? Ici l'on chasse le lion de mer. Sa viande à un goût prononcé de poisson, mais avec une structure de veau. Enfin, à peu près... j'essaye de vous donner une idée de ce que cela peut-être. On pêche de l'achigan, des palourdes, des oursins, des crabes. Je mange bien rassurez-vous. Vous vous souvenez que vous me grondiez parce que je ne finissez jamais mon assiette ?
Vous dirais-je assez mon immense gratitude. Vous m'avez accueillie aux heure sombres et tristes. Vous m'avez hébergée. Vous m'avez cachée, nourrie, choyée. Savez-vous que je n'avais pas été l'objet d'une semblable attention depuis des décennies ? Votre tendresse amicale me manque ici. Vous me manquez Louis. J'aimerais vous voir le soir quand je rentre dans ma cabane de bois et de terre, je vous imagine là au coin du poêle. Vous souriez tout le temps. Et nous parlons longuement des anarchistes espagnols que vous avez bien connus, Buenaventura Durruti mort accidentellement en sortant de sa voiture je me souviens que vous m'avez dit : « il n'avait pas mis la sécurité de son arme, le coup est parti en pleine tête », de Francisco Ferrer le pédagogue libertaire dont vous me disiez qu'une rue de Thouars porte le nom. Nous parlerions de votre ami Marcel *. Et aussi de Buchenwald où vous avez vécu l'atroce de l'humain et la fraternité à nu avec votre ami Luigi. Transmettez lui mon amicale affection. J'ai tant aimé quand il me venait me divertir, me faire rire avec ses histoires de rapine, et jouer du flamenco dans votre cave.
Voyez-vous toujours votre ami Balthazar ? Est-il toujours aussi bizarre ? Je l'aimais bien aussi.
Je ne regrette rien savez-vous. Je suis allée au bout. J'ai vécu mes propres tourments. Je m'apaise. Je suis presque tranquille. J'ai adopté un nouveau chien il s'appelle Makhno parce qu'il n'est pas très obéissant.
Je vous embrasse, ne m'écrivez pas hélas, je redoute la curiosité des renseignements généraux, je crois qu'ils ne vous laisseront jamais en paix.
Suivait la signature et un lieu
Carlota à quelques kilomètres de Puerto Edén
Balthazar s'effondra en larmes sur le lit.
_ Carlota ! Carlota ! Mais alors ???**
*(Lire le secret de Marcel et Marcelle Marcel dans « Chroniques Noires à Thouars », Geste éditions).
** Lire aussi "Calibre" où apparaît Carlota à cette adresse, à la date du 9 septembre 2013 : http://sapristibalthazar.over-blog.com/tag/le%20feuilleton/5
massacre 30
Ambiance musicale ici : https://www.youtube.com/watch?v=SI-cuKKQrN0
30
Résumé : Il y a aussi la savoureuse poire de Pasacal Gabilly ( Massais) et les grandes eaux de vie de Cazottes fort utiles pour les exercices de style délicats. Mais n'en pas abuser ici c'est pas Marcel Proust quand même.
La ville avait pris ses funestes habitudes, et finalement s’accommodait du temps nouveau. Ichon avait été élu au premier tour. Il était député. Il œuvrait désormais pour mettre à la mairie de Thouars l'un de ses hommes liges. La photo publiée dans le journal frappa Balthazar, il reconnut l'un des hommes qui parlait de lui au café des arts au début de cette histoire, un type avec une sale gueule de brute avec une vilaine cicatrice sur la joue droite, il conversait avec un freluquet avec une tête de félon à petite barbiche. Par un très curieux hasard le maire en titre démissionna et quitta la ville « ma santé est devenue fragile, je suis très fatigué » expliqua-t-il sans plus de détail. Il fallut organiser une élection complémentaire. La brute balafrée nommée Hugues Single fut élue conseiller municipal et dans la foulée l'assemblée communale le désigna comme maire de Thouars.
Presque en même temps le conseiller général démissionna aussi « ma santé est devenue fragile, je suis très fatigué » expliqua-t-il sans plus de détail. Il fallut organiser également des élections complémentaires. Le freluquet avec une tête de félon à petite barbiche s'appelait René Fit, il le remplaça. Et le bourgeois semblait ravi ! Il avait voté pour la bande à Ichon qui commençait à étendre sa toile sur Bressuire à l'ouest et Parthenay au sud. Des relais fachos étaient à l'ouvrage avec ténacité et efficacité. Les messages les plus cons sont souvent les mieux compris, hélas !
Ludivine ne manquait plus une réunion publique elle avait pour Albert Ichon une attirance qui dépassait le strict cadre professionnel. Et le député, en diabolique stratège, maintenait le contact avec malignité sans passer la délicate frontière. D'ailleurs Ludivine était trop maigre pour lui. C'était un homme vulgaire. Elle n'était qu'un atout dans le jeu de ce facho, un valet, pas une dame. Désœuvré autant que désabusé Balthazar trouvait le temps long. Trois mois avaient passé. Il avait pioché avec gourmandise dans la bibliothèque. Il avait lu les Balzac alignés avec un plaisir absolu, et aussi Julien Gracq et avait relu les cinq volumes de Blaise Cendrars empilés là et aussi ce cher Huysmans et même Marcel Proust dans toute la « Recherche ». Il lisait et relisait Rimbaud, Baudelaire et René Char. Il dormait beaucoup. Louis Grandclerc passait tous les jours avec le journal et des assiettes garnies. Il semblait triste lui aussi.
Balthazar cherchait à tuer le temps. Il fouillait dans les cartons qui encombraient sa prison volontaire et c'est ainsi qu'il trouva une lettre qui exhalait ce parfum... tubéreuse peut-être.
Il déplia la lettre ; elle lui fit sauter le cœur.
A SUIVRE …
Ils ont parlé de l'avenir au "Terminal"
A Thouars, l'usine qui met des champignons en conserve ferme ! Ce n'est pas gai. Les élus locaux, départementaux, régionaux se sont réunis l'autre soir pour voir ce qu'il était possible de faire... Pas grand chose.
Ils se sont retrouvés dans un café appelé "Le Terminal"... Cela ne s'invente pas !
Ils se sont retrouvés dans un café appelé "Le Terminal"... Cela ne s'invente pas !
samedi 14 mars 2015
La phrase romanesque
"Je n'ai pas le temps de me reposer depuis que j'ai arrêté de travailler"
(Apache
(Apache
)

Bien utile quand on lit
Rien de plus agaçant que de perdre sa page quant on lit ! Heureusement ces tracas sont finis depuis qu'on a inventé le marque-page. Mais encore faut-il en posséder un.
Voici !
Voici !
Pour en disposer il suffit de m'en demander en joignant un timbre pour la réponse, ou une bouteille, ou un lingot, au choix !
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