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mardi 13 septembre 2016

A Zaragoza o al charco ! (2)

 Nous passerons les jours qui viennent en compagnie d'un camarade italien Bruno Salvadori qui combattit sous le pavillon noir et sous le nom d' Antoine Gimenez. Il est l'auteur d'un livre qui compte "Les fils de la Nuit". Il raconte  :
"On organisa des écoles pour ceux qui voulaient apprendre à lire et écrire. Les cours avaient lieu le soir après le travail. Vous pouvez croire que c'était un spectacle étrange et, pourquoi ne pas le dire, émouvant. Ces hommes étaient penchés sur leur livre, attentifs à épeler l'alphabet ou essayant de bien tenir entre leurs doigts calleux le frêle bâtonnet de la plume que le poids de leur main, habituées à manier les lourds outils des champs, écrasait sur le papier. Certains paraissaient très vieux.Le travail de la terre avait durci les mains, voûté les épaules ; la misère avait creusé leurs joues, ridé leur front. Ils n'avaient peut-être plus que quelques années à vivre et pourtant ils venaient tous les soirs après une journée de labeur s'asseoir aux bancs de la classe."




A Zaragoza o al charco !  A Saragosse ou à la mare ! C'est l'expression qui illustre l'opiniâtreté des Aragonais. Elle fut aussi l'un des signes de ralliement des anarchistes durant la guerre d'Espagne. Elle est tirée d'une fable : un Aragonais rencontre sur son chemin un prêtre qui lui demande où il va " A Saragosse" répond le voyageur. " Hum" réplique le prêtre " si Dieu le veut". L'Aragonais  réplique " qu'Il le veuille ou non, je vais à Saragosse !" Alors Dieu offusqué transforme l'homme en grenouille et le jette dans une mare.  Longtemps après Dieu lui rend sa forme humaine et l'homme reprend sa route là où elle avait été interrompue. Il croise de nouveau un curé qui lui demande où il va et l'autre répond : "Voy a Zaragoza o al charco ! "( A Saragosse ou à la mare !) car il ne supporte pas que Dieu le veuille ou pas. Dieu, face à une telle détermination, baisse les bras.
Voilà que ne pouvait que plaire aux anarchistes qui se lancèrent - hélas en vain - à la requête de la ville (1937).

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