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lundi 12 septembre 2016

A Zaragoza o al charco ! (1)

A Zaragoza o al charco !  A Saragosse ou à la mare ! C'est l'expression qui illustre l'opiniâtreté des Aragonais. Elle fut aussi l'un des signes de ralliement des anarchistes durant la guerre d'Espagne. Elle est tirée d'une fable : un Aragonais rencontre sur son chemin un prêtre qui lui demande où il va " A Saragosse" répond le voyageur. " Hum" réplique le prêtre " si Dieu le veut". L'Aragonais  réplique " qu'Il le veuille ou non, je vais à Saragosse !" Alors Dieu offusqué transforme l'homme en grenouille et le jette dans une mare.  Longtemps après Dieu lui rend sa forme humaine et l'homme reprend sa route là où elle avait été interrompue. Il croise de nouveau un curé qui lui demande où il va et l'autre répond : "Voy a Zaragoza o al charco ! "( A Saragosse ou à la mare !) car il ne supporte pas que Dieu le veuille ou pas. Dieu, face à une telle détermination, baisse les bras.
Voilà que ne pouvait que plaire aux anarchistes qui se lancèrent - hélas en vain - à la requête de la ville (1937).
Nous passerons les jours qui viennent en compagnie d'un camarade italien Bruno Salvadori qui combattit sous le pavillon noir et sous le nom d' Antoine Gimenez. Il est l'auteur d'un livre qui compte "Les fils de la Nuit". Il raconte  :

"Pina de Ebro fut investie sans difficulté majeure (...) les enfants furent les premiers à vraiment fraterniser avec nous, presque tous allaient pieds  nus ou chaussés d'abarcas ( sorte de sandales fabriquées avec des pneus par les parents). Aucun de ceux à qui  nous posâmes la question n'avait chaussé de souliers. Il y avait un magasin de chaussures sur la place de l'église. Le commerçant commença à donner des souliers à un enfant, puis à un autre, et comme il fallait les leur faire essayer, il nous appela à l'aide. Nous fûmes cinq ou six à nous transformer en vendeurs de chaussures et je me souviens qu'on réclamait pour des plus petits une grosse bise et des grands un poignée de main. C'était assez cher pour les petits car nous avions des barbes de trois jours !
" Durruti fit rassembler la population, il dit que la terre appartenait aux gens désormais et qu'ils n'avaient qu'à la travailler ensemble en collectivité, mais que ceux qui préféraient travailler en famille pourraient le faire. Il ajouta aussi que l'argent n'avait plus de valeur"

Durruti, héros anarchiste.



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