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jeudi 18 août 2016

Jacko s'est arrêté




Jacques Furlan est mort. C'était un homme libre. Absolument libre. Sans préjugé, il aimait les gens, les riches, les pauvres, les notaires, les clodos... avec une préférence pour les humbles. Parce qu'il avait bon cœur, Jacko.

Il militait mais dans tous les sens, pour le plaisir du mouvement, pour le goût de la liberté. Pour la saveur de la controverse. C'était un anar, un vrai. Il allait, il avançait, toujours en mouvement, toujours une pierre à poser, toujours un ami à saluer, toujours un verre à trinquer. Il inventait une sorte de tourbillon qui commençait tôt le matin et s'achevait tard le soir.

La première fois que je t'ai vu, mon Jacko,  traînant des espadrilles et une vieille chemise sur un short trop grand c'était à Parthenay. Tu venais renifler la rédaction pour voir si l'atmosphère du lieu pouvait te convenir. Ta Suzy, comme toujours était belle, avec ses grandes jupes de cotonnade et ses cheveux défaits . Moi je portais cravate à l'époque. Je me suis demandé qui étaient ces deux zozos. Il n'a pas fallu deux jours pour que tes immenses qualités de journaliste s'imposent, pour que nous devenions amis, et Suzy aussi. Oh ce fut une belle époque de joies et d'impertinences. Tu écrivais magnifiquement, ton style était vif, mordant. Tu mettais les rieurs de ton côté et sans concession ni mépris, tu emportais la mise. Tu étais de cette race des localiers que sont les hommes d'action, loin de la hiérarchie, aux avant-postes, voués au travail de sape de la convenance et des habitudes. Chaque jour avec toi Jacko était un voyage perpétuel. Les seules règles immuables étaient celles de l'amitié. Elles se résumaient en un verbe : " viens ! "


Tu aimais Blaise Cendrars aussi.

Avec toi, mon Jacko, je ne m'ennuyais jamais, je ne peux pas te faire plus beau compliment.


Lixon

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La nécrologie publiée dans la Nouvelle République du 12 août 2016


Voilà plus d'une quinzaine d'années qu'il avait posé son bâton dans le Gers. Jacques Furlan, notre ancien confrère et ami, s'est éteint ce mercredi à l'âge de 75 ans, des suites d'une longue maladie. Celles et ceux qui ont croisé sa route ont forcément été marqués par sa personnalité à la fois généreuse et rigoureuse dans l'exercice de son métier de journaliste. Natif de Paris, Jacques Furlan a débuté au journal « l'Oise Matin » avant de rejoindre « l'Union de Reims » où il a effectué l'essentiel de sa carrière, créant notamment le bureau de Sésanne près d'Epernay (Marne). En 1988, il rejoint l'édition des Deux-Sèvres de « la Nouvelle République », d'abord au bureau de Parthenay, avant d'être nommé responsable de l'agence de Bressuire. Il terminera sa carrière au sein de l'équipe départementale de Poitiers. Doté d'un sens poussé de l'information locale, d'un talent naturel pour le contact, Jacques Furlan savait comme nul autre s'intégrer dans ses nouveaux environnements professionnels. Le dessinateur Cabu, l'un de ses grands amis, lui avait d'ailleurs consacré une planche après l'avoir suivi une journée dans son travail de localier en Champagne. Là où tout le monde l'appelait « Flanur », du nom de la rubrique qu'il avait créé le samedi. Jacques Furlan était un professionnel respecté par tous, y compris par l'ensemble de ses collègues pour son esprit de confraternité et son dévouement pour la défense de la profession. Fidèle à ses convictions, il continuait comme retraité à s'impliquer au Syndicat national des journalistes (SNJ) après avoir assumé des responsabilités durant de nombreuses années. Jacques Furlan était un bon vivant, amateur de cigare, poker et bonne chère. Avec son âme d'éternel gamin, il savourait tous les instants de la vie, avec, comme corollaire, le partage et l'amitié. À son épouse Suzy et à son fils François, ses anciens confrères, collègues et amis présentent leurs sincères condoléances.

Les obsèques seront célébrées aujourd'hui à Terraube (Gers).

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Dans le "Pays Briard" commune de Sézanne



Journaliste et ancien adjoint au maire, Jacques Furlan n'est plus
Ancien journaliste et adjoint au maire de la ville, Jacques Furlan s'est éteint dans le Gers où il s'était retiré il y a une quinzaine d'années. Il avait 75 ans.
Jacques Furlan a marqué de son empreinte la cité des mails dont il fut adjoint au maire de 1977 à 1983. Philippe Bonnotte, ancien maire, évoque avec émotion une longue amitié : « Nous partions en vacances ensemble. » Il garde de lui le souvenir« d’une personne chaleureuse et enthousiaste avec des idées et des propositions pour faire avancer et réagir. » Journaliste, il avait créé une rubrique très attendue, et parfois redoutée, paraissant chaque samedi intitulée En flânant avec Flanur alors qu’il était localier au journal L’Union. Jacques Furlan avait débuté sa carrière à Oise Matin puis à Seine-et-Marne matin. Il venait régulièrement à Saint-Cyr-sur-Morin rencontrer Pierre Marc Orlan qui le recevait dans son bureau bibliothèque. Il fréquentait Flip, Michel Vincent, le directeur du Pays Briard, Jean-Claude Lamy qu’il retrouvait à l’auberge La Moderne tenue par la famille Guibert. Cultivé, lecteur assidu, il possédait tous les ouvrages de l’auteur de Quai des brumes. En juin 2003, il était revenu en Brie, à Saint-Cyr, le temps d’un dimanche.

Après sa carrière en Seine-Marne, il rejoignit le journal L’Union de Reims puis Champagne Dimanche, une édition dominicale de l’Est Républicain à Epernay où il se rendait avec sa DS, avant de poursuivre sa carrière à La Nouvelle République. A Parthenay d’abord puis à Bressuire avant de terminer à l’agence départementale de Poitiers.

En retraite, il s’installa, à la campagne, dans le Gers sans cesser d’être un militant actif au sein du Syndicat National des Journalistes dont il fut membre du bureau national.

En Gascogne, il participa activement à la vie associative, écrivit pour le Canard gascon, créa l’association Le verre à soi réunissant des amateurs de vin car Jacques Furlan était un amoureux du terroir, de la vie, des rencontres et discussions entre amis. Cet amateur de cigare et de poker était revenu à Sézanne tout récemment saluer Philippe Bonnotte. L’annonce de sa disparition a suscité, parmi ceux qui l’ont côtoyé et estimé, une certaine émotion.
Ses obsèques ont eu lieu à Terraube dans le Gers en milieu de semaine.

Gérard ROGER

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