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mercredi 1 juin 2016

Debout ( 14 ... la reprise )

En 1900 arrive en France le bouquin de Striner : " l'unique et sa propriété".
Entre nous Nietzsche applaudissait au point de dire " je redoute de passer un jour pour son plagiaire". L'idée est si forte qu'elle est toujours active, elle peut se résumer ainsi : "anarchiste oui, mais anarchiste individualiste".. Pas de meilleure cause que la sienne. D'une certaine façon on retrouve cette pensée chez les anarchistes de droite, affreusement doués ; comme Céline, Léon Bloy est d'autres. Dont la cruauté est sublime certes, mais atroce avant tout, selon moi. Mais il y a là, c'est vrai, une fulgurance, une manière d'épopée solitaire qui reste touchante. Céline disait que pour écrire " il faut mettre sa peau sur la table"... Ce n'est pas faux. Mais cela n'empêche pas d'être une crapule ! Avant 1914, il n'était pas rare de rencontrer à Paris des jeunes gens à cheveux longs, arrogants, merveilleusement dédaigneux de tous les systèmes, libres absolument, et qui n'avaient qu'un seul culte "MOI".






Je n'en suis pas, mais je ne leur jette pas la pierre.


Un périodique diffusa cette pensée individualiste, il s'appelait "l'Anarchie", il n'avait ni directeur, ni rédacteur en chef, mais un porte-parole : un certain Libertad, infirme, qui s'appuyait sur deux cannes. Dans les églises il interpellait le prêtre et demandait la parole. Il n'était pas simple de le mettre dehors car il maniait ses cannes avec une redoutable efficacité. Il mourut en 1908 sous les coups de la police. Salut à toi Libertad !

Dans son sillage l'anarchie a réuni bien d'autres figures, des ouvriers qui suivaient les cours de l'association polytechnique, ceux qui fréquentaient les universités populaires, car en ce temps ce qu'on savait on pouvait l'offrir, pas le vendre ! Et aussi l'on croisait des végétariens qui condamnaient tout meurtre et celui de l'animal, des fabricants de fausse monnaie par mépris de l'argent, des purs, des cinglés, des buveurs d'eau...

Voilà, à nous maintenant !


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