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dimanche 15 mai 2016

Debout (3... reprise)


A la fin du XIIe siècle, en France, les anarchistes se rassemblèrent. Ils firent le serment de s'entraider. On pensa qu'ils étaient illuminés. Ils portaient des capuches en signe de reconnaissance. L'abbé Lebeuf a dit d'eux : "ces sortes de gens ne portent aucun respect aux puissances, ils ignorent que la servitude est l'effet du péché, ils se disent être dans un état de liberté ou le premier homme fut créé. Cette hérésie s'est répandu en France, surtout dans le Berry et la Bourgogne. Ils tirèrent l'épée pour assurer cette liberté qu'ils vantaient si fort.

 On appelait ces révoltés les Caputiés ( en raison de leur capuche). Ils furent exterminés. On ne s'étonne pas !



Ainsi donc les Caputiés furent broyés. L'évêque Hugues de Noyers s'y employa avec vigueur et jubilation.



  On l'appelait "le marteau des hérétiques", car depuis Saint-Paul, celui qui pense de travers est hérétique. Les mots les plus sensibles sont toujours piégés. Ainsi - pardonnez-moi cette digression - poursuivi Louis Grandclerc,  mais, ici en Poitou, on vénère Saint-Hilaire qui combattit l'hérétique. Tout près de Poitiers l'on pense qu'il s'agit de l'infidèle, de l'arabe...Mais non, il s'agit de bons chrétiens qui avaient une vue un peu différente sur la nature humaine de Jésus ! Saint-Hilaire fit le ménage à coup de bûchers, brûlant gaillardement ses frères. Et c'est avec la même force qu'Hugues de Noyers s'est débarrassé des Caputiés sans parvenir à extirper leur idéal puisqu'il nous est parvenu. Les Caputiés pensaient qu'on pouvait vivre sans autorité, sans règlement, sans gouvernement. Des idées folles qui firent leur réapparition, et avec quelle vigueur, sept siècles plus tard. Le nom n'existait pas, mais c'était bel est bien de l'anarchie.

Un autre soulèvement est mentionné dans les chroniques en 1250. A sa tête un certain moine Jacob. Il affirmait : " les humbles et les pauvres sont les seuls amis du Christ" ce qui n'est pourtant pas très éloigné de l'évangile, Mais cela reste insupportable dans une société hiérarchisée. Du nord au sud cette tempête traversa la France. Châteaux et monastères furent pillés. Et en 1320 une autre révolte embrasa les provinces, elle fut noyée dans le sang à Aigues-Mortes. Alors bien sûr, comme toujours, la grande misère avait été le ferment de ces justes colères. Mais au-delà il ne s'agissait pas tant s'approprier des biens que de renverser un ordre jugé insupportable. Ces révoltes n'étaient pas seulement celles de la faim, c'étaient celles de l'esprit !
D'ailleurs Rabelais n'est pas loin de cette belle pensée quand il imagine l'abbaye de Thélème

Avec cette magnifique formule :



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