Les archives de ce blog sont à voir sur "Sapristi Balthazar over-blog.com"

vendredi 13 mai 2016

Debout (1) c'est le moment de recommencer

Avril 2014 overblog récit


Anarchie ? Ah oui ! (3)

Louis Grandclerc allongea ses jambes, et au bout il y avait ses pantoufles. Il portait toujours des pantoufles. Un jour il avait confié la raison de cette manie à Balthazar. Dénoncé comme anarchiste à la police de Vichy qui avait besoin d'otages pour satisfaire les nazis, son nom avait été ajouté à la liste des communistes et des francs-maçons. Un jeune audacieux (hommage à lui) avait, une nuit, subtilisé le drapeau à croix gammée sur la place Lavaud de Thouars. L'occupant, éructant dans sa langue, avait exigé des exemples... Et voilà Grandclerc arrêté par les flics. Certes il avait de la sympathie pour l'habile grimpeur de mât qui avait subtilisé un drapeau, un drapeau n'est jamais qu'un chiffon, mais cela n'était pas son affaire, lui qui aidait les enfants juifs ( lire le secret de Marcel et Marcelle Marcel)

Et voilà Grandclerc emmené à Drancy, et le voilà embarqué dans des wagons. Il faisait là-dedans une chaleur atroce (où étiez-vous les cheminots ?) , et là-dedans un vieux couple s'épongeait en se disant des mots simlples, et là-dedans des hommes devenaient fous, ils hurlaient, et là-dedans une jolie fille et un jeune homme firent l'amour avidement et sans pudeur, comme s'ils devaient mourir à l'arrivée et d'ailleurs ils moururent à l'arrivée. (Il s'appelait Aaaron et elle s'appellait Liraz qui signifie "mon mystère" mais il l'appellait Lipaz qui veut dire "mon or pur".).

Grandclerc passa dans le camp allemand moins d'une année qui peupla sa vie restante. Il portait le triangle noir, celui des "associaux" et celui des "lesbiennes". Honneur à toutes et à tous.

Là-bas on lui donna deux chaussures droite, une de taille 39 ( mocassin de de femme) et l'autre de taille 45 ( sandale). Il fit avec cela les marches de la mort, dans la neige, avant la libération. De retour chez lui, il se promit de ne plus jamais porter autre chose que des pantoufles... Et c'est ainsi qu'il devint bibliothécaire.

Mais il doit nous parler de l'anarchie, alors demain, il commence.

2 commentaires:

  1. ah! ben là je comprends tout (ou presque).

    signé: devines c qui?

    indice: "je ne m'arrive pas à la cheville"

    RépondreSupprimer